Raconte-moi la genèse des soldes
Nous les attendons tous avec impatience. Leurs dates sont soigneusement notées dans nos agendas, particulièrement le premier jour, qu’il s’agisse des soldes d’hiver ou d’été. C’est l’occasion parfaite pour dresser la liste des incontournables, des objets de désir, et parfois même des folies auxquelles nous n’aurions jamais pensé...
Retour sur la genèse de l’histoire des soldes.
Cela ne vous aura pas échappé : mercredi 26 juin, c’est le début des soldes d’été. Mais connaissez-vous l’histoire de la tradition commerciale la plus attendue de l’année ?
Simon Mannoury et l’invention des soldes
Bien qu’il n’y ait pas de preuve absolue, il est largement admis que Simon Mannoury, un Normand, est à l’origine des soldes au début du XIXe siècle. En 1830, il ouvre une boutique d’étoffes et de confection à Paris, située au coin de la rue du Bac et de la rue de l’Université, près de l’église Saint-Thomas-d’Aquin. Il nomme sa boutique Au Petit Saint-Thomas.
À cette époque, les anciennes corporations et les commerces spécialisés laissent place à de nouveaux types de magasins appelés « magasins de nouveautés ». Ces magasins regroupent divers produits sous un même toit, principalement destinés aux femmes, marquant ainsi la naissance des grands magasins.
Mannoury, visionnaire et plein d’idées innovantes, introduit des concepts novateurs comme la libre circulation dans les rayons, l’affichage des prix sur des étiquettes, et même la vente par correspondance.
Le Palais des Marchands à Angers
À Angers, les grands magasins sont expérimentés dès 1875 grâce à Rémy Chanlouineau, fondateur du premier grand magasin de la ville, au 65 rue de Baudrière : le Palais des Marchands.
Le nom fait référence à un hôtel particulier situé rue Baudrière, où se trouvait la juridiction consulaire depuis 1622, plus tard remplacée par le tribunal de commerce.
La naissance des soldes
Mais revenons à Paris : les innovations de Mannoury rencontrent un grand succès. Pour gérer les produits invendus, il a une idée brillante : vendre les stocks de la saison précédente à des prix réduits pour faire de la place aux nouveaux produits. Ainsi, les soldes voient le jour.
Cette stratégie de déstockage se révèle extrêmement populaire, et d’autres magasins ne tardent pas à l’imiter.
Un employé nommé Aristide Boucicaut, embauché par Mannoury pour superviser le rayon des châles, joue un rôle clé dans cette évolution. Après la fermeture de Au Petit Saint-Thomas en 1848, Boucicaut reprend une mercerie dans la rue du Bac avec sa femme en 1852.
Ils transforment cette petite boutique en ce qui deviendra le célèbre Bon Marché, qui inspirera plus tard Zola pour son roman « Au Bonheur des Dames » (1883).
L’idée de Simon Mannoury s’est révélée être une innovation majeure, transformant la manière dont les commerçants gèrent leurs stocks et offrant aux consommateurs des opportunités de faire de bonnes affaires.
Aujourd’hui, les soldes continuent d’être un événement commercial clé, attendu avec impatience par les acheteurs à travers le monde, où même les plus raisonnables peuvent se laisser aller à une douce frénésie d’achats...
Le saviez-vous ?
Le terme « soldes », à l’origine utilisé pour désigner des restes de tissus, devient officiellement réglementé en 1906 avec la vente « au déballage ». La législation se précise en 1962 et en 1996, un décret établit la durée des soldes et les obligations des vendeurs...
L’emploi du pluriel s’est popularisé au début du vingtième siècle : attention le mot est masculin, on écrira donc « des soldes exceptionnels ».