Le Plessis-Macé, mille ans d’histoire au coeur de l’Anjou

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Le Plessis-Macé, mille ans d’histoire au coeur de l’Anjou © Christophe Martin

À quelques kilomètres d’Angers, le château du Plessis-Macé raconte mille ans d’histoire. De la motte féodale érigée par Foulques Nerra aux fastes de la Renaissance, ce joyau architectural a traversé les siècles. Devenu aujourd’hui un écrin de culture à ciel ouvert, il accueille spectacles, visites et créations artistiques tout au long de l’année. Chaque mois de juin, il s’illumine sous les projecteurs du Festival d’Anjou, dont il est devenu l’un des lieux emblématiques.

Un château en bois juché sur une motte de terre

Le château du Plessis-Macé fut construit par le seigneur Raynaud Ier du Plessis, au XIe siècle, à la demande du comte d’Anjou Foulques Nerra, pour protéger Angers d’éventuelles attaques bretonnes. À cette époque, le premier château était un château à motte, situé à l’emplacement du donjon actuel. Au sommet d’une simple motte de terre se trouvait une tour de surveillance en bois protégée par une palissade et entourée par une douve circulaire dont on voit encore la trace aujourd’hui. Il se transforme en une forteresse en pierre au siècle suivant et se voit doté d’une basse-cour fortifiée.

 
« Le mariage du tuffeau et de l’ardoise a donné naissance au style angevin »

De la forteresse à la demeure de plaisance

C’est seulement au XVe siècle que Louis de Beaumont, chambellan du Roi Charles VII puis conseiller favori du Roi Louis XI, lui redonne un nouveau souffle. Il reconstruit le donjon médiéval, abîmé par des soudards anglais pendant la guerre de Cent Ans, et achève de transformer ce château en une grande demeure de plaisance, annonçant ainsi les prémices de la Renaissance. Les travaux s’étalent de 1451 à 1474. Respectant une disposition symétrique des deux corps de bâtiments dans la cour, il bâtit le logis et les communs en achevant sa campagne par la chapelle.

Plus agréable et confortable que l’austère donjon qui a une vocation essentiellement militaire, le logis seigneurial est la demeure du seigneur. Quelques dizaines d’années plus tard, la Bretagne est rattachée au Royaume de France et ne représente plus une menace. Le donjon, abandonné, tombe en ruine.

D’ardoise et de tuffeau, le plus angevin de tous

L’ensemble du logis s’épanouit dans un style gothique flamboyant typique du XVe siècle. Ce style est reconnaissable notamment par ses arcs en accolade en forme de flamme, visibles sur de nombreuses ouvertures. Le mariage du tuffeau et de l’ardoise – abondante en Anjou – a donné naissance au « style angevin ». Le balcon est l’un des nombreux trésors du site. Au Moyen Âge, le logis était divisé en deux parties. Louis de Beaumont fit venir un architecte florentin pour réaliser un balcon permettant de circuler d’une partie à l’autre. Il est resté intact depuis le XVe siècle. La chapelle, elle, a été érigée à la même époque. À l’intérieur, la tribune d’origine est toujours en place, parfaitement conservée. Elle permettait à chacun selon sa situation sociale d’assister à la messe. C’est aujourd’hui l’une des plus anciennes visibles en France.

 
« Au début du XVIe siècle, la famille Du Bellay acquiert le château »

De nombreux propriétaires 

Au début du XVIe siècle, la famille Du Bellay acquiert le château. Louis de Beaumont donne la main de sa fille, Catherine, à Eustache du Bellay en 1510. Ils sont les grands-parents du célèbre poète Joachim du Bellay. Après les Du Bellay, les Bautru, seigneurs de Serrant, possèdent le château et vendent à leur tour le site et le domaine de Serrant à Antoine Joseph Walsh, armateur issu d’une vieille famille irlandaise exilée en France. La famille de Serrant transforme le château et ses terres en exploitation agricole. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, la forteresse abandonnée devient une ferme. Cet état permet certainement au château d’être épargné pendant la Révolution. Au XIXe siècle, la comtesse Sophie Walsh de Serrant décide de céder le domaine de Serrant à son fils et de venir s’installer au Plessis-Macé. Mais le confort n’étant plus de mise, la comtesse entreprend une grande campagne de travaux. À la fin du XIXe siècle, la famille de Serrant se sépare du domaine. Charles Victor Langlois, directeur des Archives de France de 1913 à 1929, l’acquiert en 1907.

 
« Près de 300 espèces végétales et 175 espèces animales, dont 88 considérées comme patrimoniales, y sont référencées »

En 1967, Philippe Langlois-Berthelot, fils de Charles-Victor, fait donation du château au Département de Maine-et-Loire. Lorsque le Conseil départemental reçoit le château, le donjon est envahi par la végétation, n’étant plus utilisé depuis de nombreuses années. L’édifice sera partiellement rénové mais du fait de son état de ruine, il reste inaccessible à la visite.

Le château côté nature

Vestige de l’ancien domaine seigneurial, le parc du château s’étend aujourd’hui sur 40 hectares de paysage bocager classé espace naturel sensible. Ce site naturel offre un intérêt majeur sur le plan paysager et écologique pour lequel le Département mène une politique de préservation et de valorisation. Un sentier d’interprétation permet de découvrir la richesse écologique de ce site où les zones humides, prairies et haies bocagères sont façonnées par la main de l’homme. Près de 300 espèces végétales et 175 espèces animales, dont 88 considérées comme patrimoniales, y sont référencées.

 
« Le château du Plessis- Macé est une véritable scène à ciel ouvert »

Préservation du Patrimoine et de la culture

Depuis 2010, la gestion du château du Plessis-Macé a été confiée à l’EPCC Anjou Théâtre et accueille du public pour des visites libres et accompagnées mais également des animations théâtralisées à destination des enfants de 3 à 12 ans et leurs familles. D’octobre à mi-mai, l’équipe de médiateurs du château reçoit également des élèves de la maternelle au collège afin de leur faire découvrir le lieu grâce à des parcours en lien avec le programme scolaire.

Enfin, le château du Plessis-Macé est une véritable scène à ciel ouvert puisqu’il accueille tout au long de l’année, des compagnies amateurs et professionnelles afin de proposer à ses visiteurs des spectacles de théâtre, de cirque, de magie, des concerts, des soirées cinéma en plein air, ou encore des expositions photographiques.

En juin, il est également l’un des lieux privilégiés du Festival d’Anjou. Toute l’équipe du château travaille également pour proposer des créations artistiques inédites, à l’image du spectacle nocturne « À la nuit tombée », créé en 2024.

 

Le château du Plessis-Macé accueillera plusieurs représentations à l’occasion de la 75e édition du Festival d’Anjou, en juin 2025.

Toutes les informations sont à retrouver ici : festivaldanjou.com

 

 

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