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L'ex-candidat à la reprise du Sco vivait du RSA... |
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Emmanuel Linget, qui se disait chargé de « piloter » le rachat d'Angers Sco pour le compte d'un fonds d'investissement suisse, a été interpellé la semaine dernière par les policiers.
Un groupe suisse l'avait mandaté pour piloter le rachat du club angevin, disait-il. Il se présentait comme directeur d'une société de courtage. Il a été interpellé dans un foyer d'hébergement.
Le messie d'Angers Sco, c'était lui. Lui, Emmanuel Linget, l'enfant de l'agglo angevine, devenu directeur général d'une société de courtage international. Un fonds d'investissement suisse l'avait d'ailleurs mandaté pour « piloter » le rachat du club.
Il ne lui restait plus que quelques jours, plus quelques négociations via ses sept avocats, et il allait être président d'Angers Sco. C'est ce qu'il clamait. Sans doute se voyait-il venir au stade avec son imposante Audi Q7, achetée autour de 60 000 €. Allait-il accrocher des toiles de maître dans la salle VIP, lui l'amateur d'art qui se présentait aussi comme ancien organisateur d'expos au Louvre, à Paris, mais aussi en Italie et ailleurs en Europe ? L'histoire ne le dit pas. Ne le dira jamais.
Âgé de 36 ans, l'ex-candidat à la reprise du club de foot angevin a été interpellé jeudi par les policiers du SRPJ d'Angers dans un centre d'hébergement pour personnes en difficulté. Cet homme, à la carte de visite a priori si pleine, à l'entregent a priori si important, ne vivait en fait que du RSA.
Un affabulateur ? « C'est le sentiment des enquêteurs », confie une source proche du dossier. Il a été présenté au Parquet d'Angers vendredi. Ce qu'on lui reproche ? Rien à voir avec cette fausse histoire de reprise d'Angers Sco. Il est poursuivi pour escroquerie liée à l'achat de l'Audi, faux et usage de faux et filouterie auprès d'un hôtel angevin où il aurait laissé une ardoise de 798 €. Comme à l'hôtel-restaurant Le Cavier, dans l'agglo angevine, où il a passé quatre nuits en février dernier, où avait aussi dîné Xavier de Ligonnès, quelques jours avant le meurtre de ses enfants et de sa femme à Nantes.
« Il avait été veilleur de nuit dans mon hôtel, raconte le patron du Cavier. Quand il est arrivé, en février, il était bien nippé, avait une certaine prestance, se présentait comme directeur d'un groupe... Je l'ai cru. Et puis, il est parti sans payer. Il m'a envoyé un mail : « J'ai dû m'en aller pour des affaires, envoyez la facture à ma société Evel Group, 36, avenue des Champs-Élysées, à Paris. » Pas d'Evel Group à cette adresse, j'ai donc appelé sa mère, que je connaissais, et elle m'a remboursé les cinq nuits. »
Celui qui a réussi à berner Willy Bernard, l'actuel propriétaire d'Angers Sco, racontait la semaine passée : « Je dérange énormément à Angers, car quand on est jeune et qu'on est dans le domaine des affaires, cela suscite des jalousies. Je suis habitué à ce qu'on veuille prendre ma place... »
Emmanuel Linget, placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire, comparaîtra le 13 juillet devant le tribunal correctionnel d'Angers.
Jean-François MARTIN.
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