Nuit européenne des musées : une nuit pas comme les autres dans les musées d’Angers

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photo nuit européenne des musées : une nuit pas comme les autres dans les musées d’angers © © musée d’angers
Nuit européenne des musées : une nuit pas comme les autres dans les musées d’Angers © © Musée d’Angers

Samedi 17 mai, la Nuit européenne des musées revient à Angers. De 19h à minuit, les sept musées de la ville ouvrent grand leurs portes avec une programmation gratuite, festive et étonnante : spectacles, musique, ateliers, danse, performances… Rencontre avec trois membres de l’équipe des musées d’Angers, qui détaillent les temps forts d’une soirée pas comme les autres.

 

En quoi la Nuit européenne des musées est-elle un rendez-vous particulier ?

Sandrine Coston : C’est un moment à part. Cette nuit-là, on invite le public à vivre une autre expérience du musée, dans une ambiance nocturne, immersive et sensorielle. Le format est festif, gratuit et surtout très libre : les gens circulent, déambulent, s’arrêtent selon leurs envies. Il y a quelque chose d’informel et d’accueillant.

Et puis, cette année, tous les établissements du réseau des musées d’Angers participent, ce qui permet une vraie diversité dans les propositions. Les visiteurs sont invités à découvrir les collections différemment.

Quelles grandes orientations avez-vous données à la programmation 2025 ?

Laurence Alline : Nous avons construit cette programmation autour de deux axes forts : d’abord la valorisation des talents du territoire — il y a énormément de créativité en Pays de la Loire — et ensuite une vraie place faite aux jeunes créateurs, en particulier ceux issus du Centre national de danse contemporaine (CNDC). Cela donne une programmation très vivante, contemporaine et ancrée localement.

Quels artistes ou spectacles illustrent cette mise en avant des talents locaux ?

Laurence Alline : Beaucoup de propositions vont dans ce sens. À la galerie David d’Angers, par exemple, Élisabeth Da Pontcé présentera un concert électro-pop cuivré et coloré. Au musée des Beaux-Arts, la compagnie angevine Établissements Lafaille sera présente avec deux spectacles de mime burlesque : So Bigger, où deux voleurs un peu trop voyants tentent de subtiliser une œuvre, et Very Lost, au Muséum, où deux explorateurs anglais se perdent complètement dans les collections.

Et puis au musée-château de Villevêque, le trio féminin Anapnoï chantera en polyphonie dans la cour, dans une acoustique naturelle qui sublime leurs voix.

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 © Galerie David d’Angers

Et du côté des jeunes artistes, quelles sont les propositions à ne pas manquer ?

Laurence Alline : Le duo Blue Lava, issu du CNDC, proposera une danse en déambulation au musée des Beaux-Arts. C’est une création conçue pour les lieux. On retrouvera aussi Mukasamuka, une fanfare sensible et rythmée portée par cinq musiciens, au musée Jean-Lurçat. Et Ashükju, une jeune musicienne à l’univers onirique, mêlant musiques du monde, électronique et classique, se produira au rez-de-chaussée du musée des Beaux-Arts. Sa prestation s’annonce très poétique.

Il y a aussi des créations originales pensées spécifiquement pour cette Nuit ?

Laurence Alline : Oui. Le collectif La Menuiserie a réalisé un mapping vidéo spécialement pour le musée des Beaux-Arts. Il sera projeté dans la salle de la Monarchie, au 2? étage. Ce travail numérique fait dialoguer les œuvres entre elles, en jouant sur les formes, les lumières et les images. C’est une expérience visuelle immersive qui donne un nouveau regard sur les collections.

Quels ateliers seront proposés au public ?

Léonie Bodenan : Plusieurs ateliers seront proposés : à la galerie David d’Angers, un atelier de modelage permettra aux visiteurs de s’essayer à la sculpture sur pâte à modeler, dans une salle entourée de moulages en plâtre.

Il y aura aussi un atelier textile au musée Jean-Lurçat, et un atelier de scénographie au Muséum, où le public pourra imaginer l’agencement d’une future salle dédiée aux mammifères. Enfin, à l’Artothèque, l’atelier Photologie archéotecturale invitera les visiteurs à composer leur propre architecture en s’inspirant du travail du photographe Stéphane Couturier.

Quelles formes de médiation avez-vous imaginées pour accompagner les visiteurs ?

Léonie Bodenan : Nous avons mis en place de nombreuses médiations « flash » dans les expositions temporaires, comme Explorer la couleur au musée Pincé, ou Tisser le futur au musée Jean-Lurçat. Ce sont de courtes interventions qui permettent aux visiteurs de mieux comprendre les œuvres ou le propos des expositions.

Il y aura aussi des histoires racontées dans les salles du musée des Beaux-Arts, adaptées au jeune public ou aux adultes, selon les créneaux.

So Bigger, où deux voleurs un peu trop voyants tentent de subtiliser une œuvre
So Bigger, où deux voleurs un peu trop voyants tentent de subtiliser une œuvre © Jeff Rabillon

La visite à la lampe torche, un moment phare

Léonie Bodenan : C’est une animation emblématique de la Nuit des musées à Angers. Elle se déroule dans la salle du musée des Beaux-Arts dédiée aux œuvres monumentales. Les visiteurs s’installent dans l’obscurité devant le tableau La Dernière nuit de Troie de Pierre-Narcisse Guérin, pendant qu’une médiatrice raconte l’histoire représentée, en éclairant ponctuellement des détails à la lampe torche.

C’est une forme de narration très sensorielle : on voit le tableau se dévoiler progressivement, comme si on l’explorait à la bougie. Cela change complètement notre rapport au regard et à l’écoute.

Le choix de cette œuvre ne doit rien au hasard : c’est le plus grand tableau du musée (6 mètres de long), et son atmosphère nocturne s’accorde parfaitement à l’événement. De plus, cette toile est inachevée — Guérin est décédé avant de la terminer — ce qui lui confère une dimension poignante.

Une anecdote ou un regard en coulisses ?

Léonie Bodenan : Dans la grande galerie du musée des Beaux-Arts, une quinzaine d’œuvres ont été déposées en 1798 par le Louvre à l’époque du Directoire. Ce dépôt avait été négocié par Louis-Marie de la Révellière-Lépeaux, dont le portrait figure dans la salle. Certaines œuvres, comme Le Retour de Priam avec le corps d’Hector ramené à Troie de Joseph-Marie Vien, étaient censées être temporaires… et sont finalement restées à Angers ! Une belle histoire de transmission.


Informations pratiques

Les musées participants :

  • Musée des Beaux-Arts
  • Galerie David d’Angers
  • Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine
  • Muséum des Sciences naturelles
  • Musée Pincé
  • Musée-château de Villevêque
  • Repaire Urbain & Artothèque

musees.angers.fr

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