Musique. Tvrzan : « Je veux laisser une empreinte, pas juste être connu »

Bonne découverte -
photo musique. tvrzan : « je veux laisser une empreinte, pas juste être connu » © mathéo leroy
Musique. Tvrzan : « Je veux laisser une empreinte, pas juste être connu » © Mathéo Leroy

Il s’appelle Tvrzan – prononcez « Tarzan » – et il s’apprête à vivre un tournant décisif dans sa jeune carrière : assurer la première partie de Tiakola, le 8 juillet, au festival de Trélazé. Une opportunité rare pour ce jeune artiste angevin, qui mêle R’n’B contemporain et textes viscéraux. Avec franchise et détermination, il revient sur son parcours, son univers musical et le lien profond qu’il entretient avec Angers.

Tvrzan, l'artiste angevin qui monte

Tvrzan, tu es encore jeune mais ton parcours est déjà bien rempli. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m'appelle Tvrzan, je suis un artiste d'Angers, du quartier de la Morellerie. J'ai commencé la musique quand j'avais 14 ans. Au départ, je ne pensais pas que j'étais fait pour ça. Je me voyais plus aider dans l'ombre, produire, soutenir les autres. Et puis un jour, j'ai tenté. J'ai écrit un son, je suis allé en studio, et j'ai pris goût au truc. Petit à petit, c'est devenu une passion. Aujourd'hui, j'ai bientôt 21 ans, et depuis mes débuts, je me fixe des objectifs chaque année. Et chaque année, j'en atteins au moins un.

Je suis né en Érythrée, et je suis arrivé en France à six ans. Ça fait quinze ans maintenant. Mon histoire commence là-bas, mais c'est ici, à Angers, que je me suis construit.

Le prochain grand moment, c'est ta première partie de Tiakola à Trélazé. Raconte-nous comment ça s'est fait.

Franchement, c'est un rêve qui se réalise. Ce n'est pas la première fois que j'étais pressenti : il y a deux ans, mon équipe avait déjà proposé mon nom pour la première partie de Niska, mais c'était trop tard. Cette année, Madame Fournier m'a donné ma chance. Elle nous connaissait déjà un peu, mais elle a pris le temps d'écouter ce que je fais. Et surtout, elle m'a fait confiance à 100 %. Elle m'a laissé gérer comme je le sentais. C'est une vraie reconnaissance. Elle veut que je sois à l'aise, que je vive ce moment à fond. Et ça, c'est fort.

Comment tu vis cette pression de jouer devant 20 000 personnes ?

Je suis excité, mais concentré. Je sais que le public ne me connaît pas forcément, alors je veux que, même sans connaître mes sons, ils se disent : « Ce gars, il a tout donné. » Je travaille à fond. J'ai une équipe : un DJ, un backer, et huit danseurs. On répète trois à quatre fois par semaine. On pense la scène comme un vrai show. Ce n'est pas juste chanter, c'est transmettre une énergie. Et ce qui me rend fier, c'est que ces gens-là, c'est devenu ma famille.

Tu sembles accorder beaucoup d'importance au collectif.

C'est essentiel. Même si c'est mon nom sur l'affiche, on construit tout ensemble. Mon backer, il me connaît par cœur. Il comble mes silences, il anticipe. Mon DJ sait exactement comment je veux que ça sonne. Les danseurs, c'est pareil. Ils ont tous des styles, des âges, des origines différents, mais ensemble, on a créé une vraie dynamique. Dans notre groupe, tout le monde a le droit de parler. Il n'y a pas de hiérarchie, il y a de la confiance.

 

J'essaie de rester terre à terre et de faire ressortir ma sincérité

Tu es influencé par le R'n'B des années 2000. Pourtant, tu es né après cette époque. Pourquoi ce choix ?

C'est un pote à moi, Benny, qui m'a dit un jour : « Frérot, t'as une voix pour poser sur du R'n'B. » À l'époque, je n'en écoutais pas du tout. Mais j'ai essayé. Et j'ai kiffé. Ensuite, j'ai plongé dedans. J'ai écouté Craig David, Chris Brown, Usher… J'ai compris que ce n'était pas juste une question de style, c'est une question de codes. Aujourd'hui, j'ai ma propre version du R'n'B. Ce n'est pas une copie, c'est moi.

Tu écris tous tes textes. Tu trouves ton inspiration dans quoi ?

Ce qui m'inspire, c'est tout ce que je vis, à 100 %. J'essaie de rester terre à terre et de faire ressortir ma sincérité. Même si je suis un peu différent, parce que je me trouve un peu bizarre… mais c'est ça que je suis, et il faut que je le sois à 100 %. Si je commence à vouloir être comme les autres juste pour être accepté, personne ne m'acceptera vraiment.

Je parle aussi de relations. Aujourd'hui, tu rencontres quelqu'un, le lendemain tu ne lui parles déjà plus. On ne construit rien. Et moi, j'ai besoin de construire. Je ne veux pas de trucs légers. Je veux du vrai. Avec les réseaux sociaux, tu peux rencontrer une personne à 10 000 km, créer un lien, vivre quelque chose. C'est fou, mais c'est aussi une réalité de notre génération. Et j'aime en parler dans mes sons.

 
D'où vient le nom « Tvrzan » ?

C'est venu d'un souvenir d'enfance. Tout petit, le ballon est resté coincé dans un arbre, et lui y est allé direct. Un des grands lui a dit : « Ah ouais, toi, t'es Mowgli ! » Plus tard, il l'a revu et lui a sorti : « Mowgli, c'est devenu Tarzan. » Et voilà, c'est resté. Stylisé avec un « v », mais ça vient de là.

Tu parles souvent de détermination dans tes interviews. C'est ton moteur ?

Carrément. Avant de savoir chanter, je savais que j'étais déterminé. C'est cette mentalité qui m'a porté. J'ai toujours eu ce truc en moi : je veux être le premier. Pas pour les autres, mais pour moi. Je veux tout péter. Je veux remplir des salles, voir un public de ouf. Et je travaille pour. Rien ne vient tout seul. C'est du boulot, tous les jours.

Quel message veux-tu faire passer à travers ta musique ?

Qu'il ne faut jamais lâcher. Que peu importe d'où tu viens, tu peux y arriver. Moi, j'ai commencé dans ma chambre, avec rien. Aujourd'hui, j'ai fait Skyrock, j'ai joué dans des showcases, je vais monter sur la scène du festival de Trélazé. Je veux que les jeunes sachent que c'est possible. Mais il faut bosser. Et surtout, il faut bien s'entourer.

Tu as aussi un parcours scolaire marqué. Tu peux nous en dire plus ?

Oui, j'ai un bac STMG et j'avais commencé un BTS GPME en alternance. Mais l'entreprise a fermé. J'ai dû arrêter, et c'est à ce moment-là que je me suis dit : « Vas-y, je vais me concentrer à fond sur la musique. » C'était une occasion en or, je ne voulais pas passer à côté.

Tu as annoncé la sortie prochaine d'un EP. C'est pour bientôt ?

Oui, l'EP arrive très vite. J'ai déjà mis quelques extraits sur Insta, des petites vidéos d'une minute. Deux autres vont encore sortir dans les semaines à venir. La sortie officielle est prévue pour le 27 juin. Ce projet, c'est une part de moi, une vraie carte de visite artistique. Je veux que les gens ressentent qui je suis en l'écoutant.

 

Et ta famille, elle te soutient ?

C'est compliqué. On est orthodoxes, très croyants. La musique, ce n'est pas évident à faire accepter. Ma mère, au début, ne comprenait pas. Mais aujourd'hui, elle voit que je suis sérieux, que je me donne à fond. Et ça, ça la rassure. Chez nous, on m'a toujours appris : « Ne fais pas juste les choses, sois le premier. » Alors je m'accroche à ça.

Un mot pour les Angevins ?

Merci, du fond du cœur. Angers, c'est chez moi. C'est ici que j'ai appris à aimer la musique. J'aimerais qu'ils se reconnaissent dans ce que je fais, qu'ils se disent : « Tvrzan, il vient d'ici, et il a laissé une empreinte. » Je ne veux pas juste être connu. Je veux qu'on se souvienne de moi.

 

Soyez prêts, parce que ça va être un grand, grand bordel

  Où voir Tvrzan ?

Tvrzan en concert
Mardi 8 juillet 2025 à 20h30
Parc du Vissoir, Trélazé
En première partie de Tiakola

Suivez-le sur Instagram : @tvrzann

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