Les voies sur berges

En 1973, la « pénétrante » coupe la ville en deux

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    En 1973, la « pénétrante » coupe la ville en deux

    Avant d'aborder la question du devenir des voies sur berge, plongée dans l'histoire de cet axe réalisé... il y a trente-cinq ans !

    Alors que boulevard Foch, les embouteillages enflent quotidiennement, étouffant le centre-ville, les maisons du XIXe siècle, quai Ligny, qui cachent le château, sont abattues. L'opération « pénétrante » est lancée. Vingt ans plus tard, ce sera l'heure des périphériques et des contournements. Mais nous sommes au début de l'année 1970. Et pour assurer le transit entre Paris et Nantes, et surtout pour soulager sa circulation urbaine, Angers entreprend une opération titanesque, la plus importante de son histoire en matière d'infrastructures.

    Entre le pont de l'Atlantique, à construire, qui dessert aujourd'hui le lac de Maine et l'ancienne usine d'électricité, sur le site actuel d'EDF, 455 obstacles sont à franchir. Les problèmes techniques sont énormes. « Après dix ans d'études, nous allons donner aux Angevins des moyens de communication plus faciles, affirmait le maire d'alors, Jean Turc. Ceci afin de faire d'Angers une des cités françaises où la circulation urbaine et transurbaine s'effectue dans les meilleures conditions. »Auguste Chupin, son adjoint, est soulagé : « Il était temps, le centre-ville étouffait ! » Depuis des années, son cheval de bataille est le désengorgement des boulevards angevins : « Cette voie de pénétration sera avant tout une voie de dégagement vers Nantes ou Paris, en attendant la future autoroute. » Une pénétrante provisoire dans l'attente d'une rocade Nord contournant l'agglomération angevine et assurant la liaison autoroutière directe de Paris à Nantes. Du provisoire qui aura duré plus de trente ans.Une autoroute urbaineL'opération décidée et les travaux engagés, peu de contradictions se font entendre. Sauf le PSU, le Parti socialiste unifié de Michel Rocard. Ses militants angevins dénoncent : « A travers cette voie sur berge, c'est toute l'organisation de la ville qui est en cause. Cette solution consiste à bouleverser la ville pour permettre à la voiture de mieux circuler. » Lire ci-dessous, la prise de position éclairée et visionnaire de la section PSU d'Angers.« 6,2 km de liaison pour faire oublier dix ans d'embouteillage », c'est le titre de votre quotidien Ouest-France lors de l'inauguration, en décembre 1973. Enfin, le pont de l'Atlantique est construit. Il était indispensable pour faciliter le trafic entre Paris et Nantes. Il contribuera aussi à la création du quartier du Lac-de-Maine, à l'installation de l'université à Belle-Beille, à mieux desservir ce quartier et celui de la Roseraie. Un pont qui sera dédoublé en juillet 1984. Parce que se pose déjà l'importance du flux des véhicules qui l'empruntent : 50 000 par jour au début des années 1990, 80 000 en 1995 et, aujourd'hui, des pointes au-dessus des 100 000 véhicules.Alors trente-cinq ans après sa réalisation, la pénétrante, avec ses deux trémies, Haute et Basse-Chaîne, et sa voie sur berge, apparaît comme l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire : laisser s'installer en plein coeur de la cité, le long de sa rivière, une véritable autoroute. Un noeud de circulation entre un axe Nord-Sud et un axe Est-Ouest. Une fracture dans la ville. Aujourd'hui, l'idée d'être transformée en simple boulevard urbain, en pente douce jusqu'à l'eau de la Maine, lui confère enfin sa légitimité.
     
    Ouest-France  

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      26/11/07 - 16:55

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