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« On pensait trouver plus de 300 squelettes »

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photo la grande partie du cimetière médiéval, sur lequel pensaient tomber les archéologues, a disparu en raison d'un décaissement de la rue, au xixe siècle. quatorze squelettes ont jusqu'à présent été mis à jour, dont celui d'un enfant découvert récemment (photo ci-dessus). 1

La grande partie du cimetière médiéval, sur lequel pensaient tomber les archéologues, a disparu en raison d'un décaissement de la rue, au XIXe siècle. Quatorze squelettes ont jusqu'à présent été mis à jour, dont celui d'un enfant découvert récemment (photo ci-dessus).

Plus d'un mois après le début des fouilles, rue d'Alsace, une première visite guidée, hier, a permis de faire le point sur les découvertes archéologiques.

Le nez collé aux grilles qui entourent le chantier de la rue d'Alsace, nombreux sont les passants à partager le même étonnement : « Dire qu'il a suffi de racler la chaussée pour retrouver des squelettes juste en dessous ! » La proximité immédiate de restes humains sous le centre-ville surprend. Et pourtant...

Non seulement les archéologues savaient qu'ils en trouveraient, mais « on s'attendait à en découvrir entre 300 et 400 ! », confie Elodie Cabot, la responsable du chantier. Or, jusqu'à présent, seuls quatorze squelettes ont été mis à jour. Alors pourquoi une telle différence entre les prévisions des archéologues et la réalité du terrain ? Tout simplement parce que « la rue a été décaissée au XIXe siècle », a expliqué Elodie Cabot, hier, à une vingtaine de personnes profitant d'une première visite guidée.

En partant explorer le sous-sol de la rue d'Alsace, « on était parti pour fouiller un cimetière médiéval ». Mais c'était sans compter sur un décaissement ignoré. Lors de sa réalisation, au XIXe, la rue d'Alsace a perdu près de quatre mètres de hauteur dans sa partie haute. De quoi supprimer toute une partie des différentes couches de l'ancien cimetière.

Des vestiges médiévaux mais aussi antiques

À défaut de squelettes à profusion, les archéologues ont en revanche découvert un vestige de l'église Saint-Mainboeuf, le premier édifice chrétien d'Angers. « Les fondations d'un mur de 80 cm de large datant du VIIe siècle, percé par deux tombes ». A l'opposé, ont été retrouvés les restes d'un autre mur (XIIe) constituant le chevet de l'église Saint-Pierre.

Du coup, « alors qu'on s'attendait à tomber surtout sur des vestiges médiévaux, on est tombé aussi sur des vestiges antiques, sans avoir besoin de creuser profondément ». Les archéologues ont notamment retrouvé les traces d'une voie romaine de quatre mètres de large, bordée de fossés, et d'un trottoir, orientée perpendiculairement à la rue d'Alsace. « On en connaissait l'existence, mais ça nous permet de confirmer le tracé ».

Les archéologues ont encore jusqu'à la fin du mois d'août pour creuser. Ils n'en sont toujours qu'à 40 cm de profondeur. Et peuvent encore pousser jusqu'à un mètre par endroits.

Le sous-sol réserve peut-être encore d'autres surprises.



Vincent COQUEREAU.

 
Ouest-France  

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