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Guy Moussi, guerrier sur le terrain et dans la vie... |
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À gauche, Guy Moussi lors de la saison 2007-2008, sa dernière avec Angers. À droite sous le maillot de Nottingham.
© Georges Mesnager
Parti d'Angers durant l'été 2008 pour Nottingham en Angleterre, Guy Moussi y évolue toujours. Six années se sont écoulées, le temps pour le joueur mais aussi l'homme de s'aguerrir. Sans changer pour autant.
Reportage
Il est 13h15, ce mercredi 9 avril à Nottingham. Le rendez-vous est fixé à 14h avec Guy Moussi pour aller boire un café. Quand le téléphone sonne : « Eh, c'est Guy, ça te dit d'aller manger ensemble ? Donne-moi ton adresse, t'as pas le choix, je viens te chercher ! » Décontracté, il arrive quelques minutes plus tard, au volant de son 4X4, pour un déjeuner de près de 2h au cours duquel l'ancien joueur angevin se livre en toute sincérité sur sa situation actuelle, sa vie en Angleterre ou encore ses envies. Rafraîchissant.
Plus titulaire indiscutable
La veille, son équipe de Nottingham Forrest (2e division) a disputé un derby face à Sheffield où les deux équipes n'ont pu se départager (3-3). Guy, lui, n'était pas sur la feuille de match, blessé. Après avoir été longtemps un titulaire indiscutable, le joueur originaire des Ulis (Essonne) ne joue presque plus cette saison. En fin de contrat en juin prochain, il a même été prêté cet hiver à Milwall (actuel dernier de Championship) pour se relancer, avant de revenir à Forrest. S'il ne joue pas, il n'est pas rancunier pour autant : les récents changements dans les hautes sphères du club le dépassent, tout simplement. « On a eu de belles années où on a échoué à la montée en Premier League deux fois (face à Blackpool et Swansea). On a raté les playoffs à la dernière journée l'an passé. Ça fait six ans que je suis ici, et il y a plus de positif que de négatif », souligne le joueur.
Du positif car lorsqu'il quitte le Sco à 21 ans, Guy Moussi part à l'aventure. Un pays étranger, une nouvelle langue, une nouvelle culture. « J'ai fait le pas il y a six ans de changer de pays et je ne le regrette pas. Je kiffe la mentalité anglaise. » Là-bas, dans le centre de l'Angleterre, son épanouissement est complet. Lui le bavard y apprend l'anglais, s'intègre, parce que le footballeur y occupe une place différente et parce que, sans doute, gagner de l'argent y est moins tabou.
Sur le terrain aussi, c'est différent. « Le jeu est moins discipliné. Ici, on dézonne souvent, c'est pour ça qu'il y a plus de buts. » Les supporters, eux aussi, apportent un certain folklore : plus nombreux (22 000 la veille face à Sheffield), plus passionnés. « Guy, il donne tout sur un terrain », apprécie Matthew, 45 ans, supporter de Forrest.
« Il donne tout sur un terrain »
Cet état d'esprit guerrier, il le possède depuis toujours. « À Angers déjà, ça se voyait que je ne trichais pas sur le terrain, que je donnais tout. C'est un peu pareil dans la vie et j'en suis fier. » Ce qui a valu une petite réputation à celui qui a disputé 48 matches de Ligue 2 avec le Sco (dont 37 comme titulaire). Car dans le Maine-et-Loire, « j'ai tout vécu ! », s'esclaffe-t-il en buvant un thé bien anglais. « Mon premier match, si je ne me trompe pas ça devait être le 21 octobre 2004 contre Reims à domicile ! Mon premier but à domicile contre Lorient, un match qu'on avait gagné. J'ai ce match de coupe de France contre Marseille où on a gagné au Vélodrome. Ma première blessure où je me fais la rupture des croisés. Cette remontée en Ligue 2 avec Olivier Pickeu, Jean-Louis Garcia... »
À l'évocation de ces souvenirs, il sourit. « Si malheureusement on ne fait pas les playoffs, je vais essayer de m'organiser pour venir voir en mai un match à domicile ! » Et avec un contrat qui arrive bientôt à son terme Outre-Manche, pourquoi ne pas rester un peu plus longtemps en France ? « Je suis ouvert à toutes les options, dit-il, prudemment. Ça ne me fait pas peur de découvrir un nouveau pays, une autre culture. Même si dès fois, je me dis qu'un retour en France serait bien, pour montrer que je suis beaucoup plus aguerri et armé qu'à l'époque. » Lui qui a eu des contacts par le passé avec des clubs de Premier League a malgré tout un objectif principal : « L'Angleterre ! »
En attendant de connaître sa prochaine destination, Guy Moussi attend avec impatience ses prochaines vacances en France. « Pour dire la vérité, il n'y a pas mieux que la maison (rires) ! Je conduis pour rentrer et dès que je sors du ferry, je ne peux pas l'expliquer mais je me sens relax, détendu. Je vais à la boulangerie prendre mon pain au chocolat.J'ai beaucoup voyagé et j'aime beaucoup différentes régions, mais la France, c'est chez moi. »