|
Eudeline : « Aujourd'hui, la santé avant le foot »... |
1
Yohan Eudeline (ici avec Gaël Angoula) a retrouvé le chemin de la Baumette. Déjà une première victoire pour lui.
© Georges Mesnager
Ligue 1. Opéré d'une hernie discale cervicale en juillet, le milieu du Sco a repris à courir mais est loin de repenser au terrain. Il n'aspire qu'à être bien au quotidien.
Janvier 2015 : Yohan Eudeline ressent une vive douleur au cou. Un torticolis pense-t-il. Quelques jours plus tard, au retour d'un déplacement à Arles-Avignon, il reste « trois jours sans bouger. » Verdict de l'examen : une hernie discale cervicale. Le traitement de cortisone fait en partie effet, l'ancien Caennais refoule même les terrains au printemps. Mais la douleur revient. Jusqu'à devenir insoutenable au retour des vacances.
« C'était une douleur intense, invivable. Je ne dormais quasiment plus. Je ne pouvais pas tenir plus d'un quart d'heure assis. » Le mal dont il souffre - une névralgie cervico-brachiale avec hernie - se répand dans tout le bras gauche. « Je n'avais plus de force, je n'arrivais plus à soulever mes deux enfants (10 et 7 ans). Parfois, la nuit, je me réveillais et je n'arrivais plus à lever le bras. Je n'arrivais même plus à faire une passe tout doucement sans ressentir une décharge de folie. » L'opération est inévitable.
Le 16 juillet, le Professeur Fournier lui retire un disque et le remplace par une cage intersomatique. « Du très bon travail. » La douleur ne disparaît pas totalement mais s'estompe. Après une période alité, Yohan Eudeline entame sa rééducation. « Il faut réapprendre à faire des gestes du quotidien, reprendre confiance en son corps. »
En septembre, afin de remuscler le haut du corps, il se met à la natation. Quotidiennement. Puis, essaie de trottiner un peu à la maison. « Mais toutes les vibrations me faisaient mal. J'essayais de passer outre la douleur mais... Je voyais donc au jour le jour. » C'est toujours le cas mais depuis le début de l'année, c'est à la Baumette qu'il effectue ses séances. Footing ou soins en fonction des sensations du moment. « Je m'entretiens, c'est une situation compliquée. Mais ça fait du bien d'être avec les mecs aux vestiaires et dans la vie du groupe après avoir vécu six mois loin d'eux. »
« Je ne veux pas me plaindre »
Pas si loin parfois puisque Yohan Eudeline a assisté à tous les matches à domicile. « Celui face à Nantes (le 15 août) était ma première sortie depuis l'opération. » Dans les tribunes, il prend son pied à regarder ses coéquipiers et regrette « les critiques » qu'ils ont connues à un moment donné. « Ce qu'ils font, c'est top. Leur jeu - défendre en bloc et se propulser vite vers l'avant - est très exigeant. Là, il y a une passe plus délicate mais c'est normal, il faut se serrer les coudes et retrouver la confiance. » Ces matches, il les a vécus à fond. « C'est dans les tribunes où j'ai le plus mal, avoue-t-il. Car je me crispe un peu. »
« C'est surtout l'inactivité qui fait mal »
La douleur n'est donc jamais loin, sans qu'autour, les gens la perçoivent forcément. « Elle est intérieure. Vous savez, j'aurais préféré avoir une jambe cassée. Là, la douleur revient comme ça, sur des gestes du quotidien comme quand je reste trop longtemps en voiture, quand j'éternue, je crie... C'est surtout l'inactivité qui fait mal. Le pire, c'est quand je suis assis et que je veux regarder le ciel. Mais je ne veux pas me plaindre. J'apprends à vivre avec. »
À bientôt 34 ans - il les fêtera en juin - pense-t-il pouvoir rejouer un jour ? « J'ai encore envie d'y croire. Maintenant, plus ça va être long, plus il faudra se poser de questions. Mais aujourd'hui, c'est la santé avant le foot. J'ai juste envie d'être bien au quotidien. Ma mobilité est encore réduite mais je suis confiant, j'espère la retrouver. Après, on verra la suite. »
Ouest-France