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Axel Lablatinière, l'oeil du recruteur angevin... |
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Axel Lablatinière a repéré des pros comme Bouka Moutou et Thomas mais aussi de nombreux jeunes pour le centre. © Thomas Brégardis
Zoom. Le traditionnel marché des transferts s'ouvre aujourd'hui. Présentation des méthodes de construction d'un effectif, avec Axel Lablatinière, en charge du recrutement avec Olivier Pickeu pour Angers Sco.
Entretien
Comment est organisée la cellule recrutement à Angers ?
Elle est composée d'Olivier Pickeu, qui est le manager général, dont je dépends, et de moi-même qui suis le seul salarié à ce poste au niveau du club. Je m'occupe du recrutement pour tout le centre de formation, et je suis en appoint sur les pros avec Olivier. On a aussi deux personnes qui travaillent avec moi en observant nos futurs adversaires : Allann Petitjean - basé sur le sud et l'est de la France - et Philippe Leclerc. Ils nous remontent les informations quand ils voient de bons joueurs.
Quelles sont les qualités nécessaires pour ce poste ?
Je pense qu'il faut avoir un oeil, regarder les appuis du joueur, s'il prend l'information avant de recevoir le ballon, s'il se projette vers l'avant, plein de petits indices comme ça. Ce qui est important aussi, ce sont les réseaux. Entre Olivier Pickeu qui a une carrière de joueur pro et qui connaît beaucoup de monde, mes réseaux, le coach qui connaît aussi du monde, idem pour Serge Le Dizet et Patrice Sauvaget, Abdel Bouhazama chez les jeunes, on a de bons retours d'informations. C'est une force du club. Par exemple, les agents nous connaissent. Ils savent que chez nous, il n'y a pas de transfert.
Que recherche un recruteur ?
Le joueur qui peut apporter à l'équipe. Ici, c'est le coach qui définit ses besoins. Que ce soit chez les pros ou chez les jeunes. Je fais deux ou trois réunions dans l'année, une dès le mois de novembre, où l'on fait une première estimation des effectifs. On voit ceux qui vont continuer l'aventure, ceux sur qui on a des interrogations et ceux dont on sait déjà que ça ne va pas être bon pour la suite. Ce qui détermine les besoins. Et charge à moi de venir remplir les cases vides.
Du coup, les effectifs commencent à se construire bien en amont ?
On est toujours dans l'anticipation. Cette année, chez les pros, c'était plus dur car on ne savait pas si l'on serait en Ligue 1 ou en Ligue 2, mais on avait déjà des profils que nous avions pointés. C'était pareil l'an dernier, si on était montés, il y avait deux ou trois joueurs que l'on avait pointés avec Olivier et qui ont fini à Caen.
Quelles sont les démarches pour cibler un joueur ?
Déjà , il y a tout le travail invisible, le visionnage. Quand on observe un joueur, au départ, nous ne faisons pas de rapport exhaustif. Au total, on doit avoir une base de données de 150-200 joueurs. On les rentre avec nom, âge, taille, poids, qualités, défauts. Ça permet de conserver les informations quand ensuite on a besoin de chercher un profil spécifique. Et puis quand il nous plaît, on a la vidéo et puis on utilise InStat, où l'on peut faire des montages. Si le joueur me plaît, je donne le lien à Olivier. Et si le profil lui convient, on accélère les choses.
À quel moment arrêtez-vous la décision de recruter sur un poste ?
Là on a eu une réunion en fin de saison avec Olivier, Stéphane (Moulin), le président et moi. Stéphane a défini les profils qu'il recherchait. Nous, on avait fait une liste et on lui a proposé des joueurs. Il peut y avoir cinq à huit noms par profil. Avec une hiérarchie. Et lui nous dit : j'ai plus envie de celui-ci que de celui-là . Après, on se met au travail pour aller chasser ces joueurs-là .
Le travail du recruteur va-t-il jusqu'Ã la prise de contact ?
Pour faire gagner du temps à Olivier, j'essaye d'obtenir le contact du joueur, de son agent. Par contre dès que cela touche à l'enveloppe financière, aux durées, aux contrats, c'est le travail d'Olivier.
Et en général quels sont les profils souhaités par Stéphane Moulin ?
Le coach aime avoir des joueurs qui aient la santé, qui soient intelligents dans le jeu, qui raisonnent plus club qu'individuel, qui soient assez techniques et qui aient un fond de jeu. Stéphane Moulin préfère que l'équipe tienne le ballon et défende en avançant. Il faut donc des profils qui soient à même de répondre à ces critères.