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Auriac : « Quand ça tourne, tu n'as rien à dire »... |
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En remplaçant Romain Saïss (à gauche) à un quart d'heure du terme de la rencontre, Olivier Auriac a connu ses premières minutes de jeu cette saison, samedi à Lorient (2-1).
© Philippe Renault
Ligue 1 (5e journée). Angers Sco - Troyes, samedi à 20 h. Le milieu angevin, figure du club et capitaine la saison dernière, doit composer avec un nouveau statut : celui de remplaçant.
On a fait ce qu'il fallait. On a réalisé un gros match à Montpellier qui nous a mis en confiance. On a vu qu'on n'avait rien à envier à certaines équipes, ça nous a un peu décomplexés. C'est ce qui nous a permis d'enchaîner de bonnes performances ensuite.
Et d'un point de vue personnel ?
Je me suis fait une petite contracture à l'ischio pendant la préparation, le genre de chose qui arrive. Après, l'équipe a eu des résultats donc, pour l'instant, je n'ai rien à revendiquer.
Votre rôle dans le vestiaire a-t-il également évolué ?
Non. J'aurais pu ne rien dire et rester dans mon coin. Ce n'est pas ce que j'ai fait. Je prends les devants, comme si j'allais jouer. Je fais ce qu'il faut pour mettre à l'aise les nouveaux. Ceux qui ont participé à l'aventure la saison dernière et qui jouent moins le font aussi. On a un rôle à jouer. On sait qu'à un moment donné, on fera appel à nous. On est dans le même bateau, on n'est pas là pour se saborder. On est là pour vivre une belle aventure, pour en profiter. Après, on sait très bien que certains joueront plus, d'autres moins. La frustration, bien sûr qu'elle est là mais, pour l'instant, il y a des résultats donc...
Vous sentez que le message passe ?
Les nouveaux me demandent de prendre la parole. C'est peut-être parce que je ne dis pas que des conneries (rires) ! Il faut savoir transmettre l'identité du club, les valeurs qui ont fait qu'à un moment donné, on a réussi. Je ne vois pas de regards qui disent : « Il raconte n'importe quoi ». J'ai envie de transmettre. Peut-être que c'est l'âge qui fait ça. Peut-être aussi que j'aurais aimé qu'on le fasse pour moi à une époque et qu'on ne l'a pas fait.
Sans frustration ?
(Sur un ton ferme) Non. Sinon je ne le ferais pas. Je ne le fais pas parce qu'on me l'a demandé. C'est naturel.
Le coach vous avait prévenu que votre situation évoluerait ?
On a discuté... Je savais qu'il y aurait du monde. Quand ça tourne, tu n'as rien à dire. Tu travailles, c'est tout.
Qu'avez-vous ressenti lors de votre entrée en jeu à Lorient, 12 ans après votre dernière apparition en L1 avec Bordeaux ?
J'ai juste pensé à apporter un petit plus. C'est évidemment un plaisir de retrouver l'élite. L'environnement, avant même de commencer le championnat, on a senti que c'était autre chose. On se rend compte qu'on fait ce métier pour évoluer à ce niveau-là .
Avez-vous trouvé le temps long jusqu'à ces retrouvailles ?
Oui, mais ça n'a pas été une période frustrante non plus. Je vis ma carrière, je pense qu'elle est belle. Elle s'est surtout passée en L2, mais je pense que beaucoup de joueurs auraient aimé avoir ce parcours. À 32 ans, je savoure.
La L1 a-t-elle changé par rapport à celle que vous avez connue ?
Difficile à dire... À 18 ans, je ne pensais pas à tout ça. Ça va toujours aussi vite, c'est toujours aussi différent de la Ligue 2. Il faut être performant dans les 30 derniers mètres, offensivement ou défensivement. Elle est aussi beaucoup plus médiatisée, voire surmédiatisée. On a une équipe qui domine le championnat, Paris et ses stars, qui n'existait pas à l'époque. Il y a cinq, six équipes plus fortes. Après, entre la 7e et la 20e, toutes les formations se valent.
Pensez-vous pouvoir encore progresser, même à 32 ans ?
Non, je pense que je vais arrêter d'ailleurs (rires). Bien sûr, mais ça passe par du travail. La L1 permet de voir où on en est individuellement. Mais aujourd'hui, je ne peux pas répondre à cette question parce que je n'y ai joué que dix minutes.
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Ouest-France