|
À Marseille la victoire, à Angers les regrets... |
1
Saïd Benrahma et le Sco auraient pu espérer un meilleur résultat face à l'OM. © Joël Le Gall
Malgré la défaite face à une équipe marseillaise retrouvée, les Angevins peuvent regretter leurs opportunités mal exploitées.
Celui d'une équipe qui aura eu la maîtrise du ballon pendant presque tout le match. Mais celle, aussi, d'une équipe qui n'aura pas forcément su quoi en faire, ni profiter de ses situations intéressantes. Qui est tombée sur un adversaire supérieur, tout simplement. « On n'avait pas le même dynamisme, pas le même entrain », soulignait l'entraîneur du Sco. Après une belle débauche d'énergie à Lille, il y a quatre jours, son collectif semblait, en effet, un peu dans le dur.
À l'image, par exemple, d'un Billy Ketkeophomphone éteint, inhabituellement maladroit. « On dit souvent qu'on juge l'état physique d'un joueur à sa qualité de frappe », pointait Stéphane Moulin, évoquant notamment le raté de son attaquant à la 77e, lorsqu'il était idéalement servi par Pierrick Capelle dans la surface marseillaise.
Stéphane Moulin : « On a beaucoup tenté »
En face, cet OM jusque-là bien fébrile semblait s'être retrouvé sous le soleil angevin, l'espace de 90 minutes. Sans avoir pléthore d'occasions, certes, les Olympiens affichaient pourtant des valeurs quelque peu disparues cette année. « On a vu une équipe structurée, disciplinée, organisée, rigoureuse. Des mots pas forcément employés ces derniers temps », remarquait Stéphane Moulin, à l'heure d'évoquer l'adversaire du jour. « On a fait du jeu vers l'avant, des contre-attaques, mais on a su aussi garder le ballon. C'est un match complet », se félicitait Franck Passi, son homologue marseillais.
Et, finalement, la différence s'est faite au niveau du réalisme. Comme souvent. À ce jeu-là, c'est l'OM qui semblait avoir un peu plus d'armes à sa disposition, avec notamment un certain Michy Batshuayi et ses 15 buts au compteur au coup d'envoi. D'ailleurs, l'attaquant belge, décalé par Fletcher puis Thauvin, convertissait son premier vrai bon ballon en un 16e but, trompant Letellier d'une frappe croisée (0-1, 24'). « On l'a laissé une fois libre, et ça a fini au fond », pestait Romain Saïss, de nouveau très bon dans ce rôle de défenseur central.
Le Sco, dominateur sans être dangereux, n'a lui jamais vraiment réussi à inquiéter Steve Mandanda. Ni Yattara (2') ou Ndoye (29') de la tête, ni Capelle de volée (69') ou Benrahma de loin (80') ne parvenaient à mettre l'international français en danger. Trop peu pour espérer prendre des points. « On a beaucoup tenté, mais on a peu réussi par manque de justesse technique », regrettait Stéphane Moulin. « On n'a pas mis tous les ingrédients », ajoutait son défenseur marocain.
Mais le technicien scoïste se refusait pourtant à incriminer un secteur offensif clairement émoussé, et peu en verve hier après-midi. « Je n'ai pas envie de leur tirer dessus, plutôt de les encourager », glissait-il. Dans le fond, perdre face à ce genre de visiteurs n'a rien de scandaleux. Surtout lorsque l'on sait que cet OM 2015-2016 voyage bien mieux qu'il ne reçoit.
C'est plutôt ce sentiment d'opportunité gâchée qui laissera des regrets, forcément. Parce qu'avec cette ambiance, ce soleil, cette atmosphère, tout était réuni pour un bel après-midi. « Il y avait moyen de faire quelque chose de beau », confirmait Romain Saïss.
Mais ce Sco ne pouvait pas tout avoir d'un coup, dès la première saison. Il reste encore, logiquement, une belle marge de progression.