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Charbonnier retrouve le chemin des filets et la confiance... |
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Gaëtan Charbonnier a marqué le penalty de l'égalisation peu après l'heure de jeu. © Blandine Lempérière
Ligue 2. Angers. Bloqué à neuf buts en championnat depuis la fin décembre, Gaëtan Charbonnier s'est installé vendredi soir en tête du classement des buteurs, grâce à son penalty inscrit face à Bastia (1-1).
63e minute au Stade Jean-Bouin. Penalty en faveur du Sco. Gaëtan Charbonnier s'est emparé du ballon. Mains sur les hanches, l'attaquant angevin est suspendu au coup de sifflet de l'arbitre. Insupportable attente, où toute déconcentration est interdite. Même lorsque le gardien bastiais Novaes s'adonne à quelques provocations. « Il m'a demandé où j'allais tirer. Mais je n'ai pas répondu. De toute façon, je savais dès le début que j'allais la placer au milieu. » explique le co-meilleur buteur de Ligue 2. Son tir, en force, se loge dans le but corse. Angers obtient le point du match nul et peut souffler. Son numéro 10 aussi. « Ca fait du bien de faire trembler les filets. »
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Intense soulagement. Depuis deux mois, le longiligne buteur (1m88) courrait après sa dixième réalisation en championnat. La dernière fois qu'il avait marqué, c'était en Coupe de France, contre Monaco (4-3 a.p.), le 9 janvier 2012. Sur penalty, déjà . Mais pas question de faire la fine bouche : l'essentiel était de retrouver la confiance, ébranlée par la mauvaise série angevine. Une période difficile pour l'attaquant, moins efficace qu'au début de saison. « Je n'ai raté aucune rencontre, hors suspensions. Du coup l'enchaînement des matches commençait à me peser. » reconnaît-il.
On attendait donc de revoir « Charbo » à l'oeuvre. Malgré une blessure à la cuisse qui l'a tenu éloigné des terrains d'entraînement jusqu'à mercredi dernier. Malgré le rôle d'ailier gauche qui fut le sien vendredi soir. Un positionnement inhabituel dans lequel l'Angevin trouve pourtant quelques motifs de satisfaction. « Ca me détache un peu du marquage adverse. Je touche plus de ballons, comme en deuxième mi-temps, et j'ai pu retrouver de bonnes sensations. » S'éloigner de l'axe pour retrouver le fil de son jeu, un pari audacieux. Et réussi.
« Il a manqué de rythme, mais le fait d'avoir marqué lui a redonné confiance. » analyse Stéphane Moulin. L'entraîneur angevin le sait mieux que quiconque : son joueur a pris goût aux filets adverses. Paradoxal, pour celui qui n'a jamais inscrit plus de treize buts en une saison. C'était en CFA, avec la réserve du Paris-Saint-Germain. En pro, les débuts furent plus délicats. Mais la progression s'avère fulgurante. Trois réalisations pour sa première saison au Sco il y a deux ans, puis huit en 2010-2011, et déjà dix cette année. À tel point que Gaëtan Charbonnier lorgne sur le titre de meilleur buteur de Ligue 2. « J'y pensais avant que Jean-François Rivière (co-leader du classement) ne se blesse jusqu'à la fin de la saison. À moi de tout faire pour y arriver. »
Coïncidence ou pas, les quatre derniers lauréats ont accédé à l'élite européenne juste après leur sacre : la Ligue 1 pour Hoarau, Thil et Giroud, la Serie A pour Ribas. De quoi donner des idées au buteur angevin, un an avant la fin de son contrat. « J'ai toujours dit que je voulais jouer en Ligue 1 ou dans un grand championnat (Ndlr : l'Udinese, notamment, l'aurait à l'oeil). Mais pour l'instant, je dois finir la saison, donc ce n'est pas le moment d'en parler. » Sûr que les dirigeants du Sco, eux, se pencheront rapidement sur le sujet.
Matthieu BOISSEAU
Ouest-France