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Au Sco, la défense est de nouveau d'attaque... |
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41e minute : Diego Gomez aurait pu ouvrir la marque après un bon mouvement collectif mais sa frappe est trop enlevée. © La Voix du Nord
Ligue 2. A Lens (0-0), le Sco a confirmé qu'il avait retrouvé un certain hermétisme. Il lui reste à recouvrer son efficacité offensive.
La solidité défensive, cela avait été la grande force du Sco la saison passée. Bizarrement, avec les mêmes hommes, celle-ci avait perdu de son imperméabilité en ce début d'exercice : 8 buts encaissés lors des quatre premières journées. Quatre matches plus tard, erreurs individuelles et sautes de concentration effacées, Angers a retrouvé son hermétisme, seul un penalty monégasque étant venu le mettre à mal. Mardi soir, face à un RC Lens que l'on disait sur la montante, le Sco fit la démonstration de ses progrès dans ce domaine. Solide d'emblée lorsque Ben Saada et ses partenaires, poussés par un kop à hauteur de sa réputation, voulurent imprimer leur patte sur les débats, il le fut à nouveau en fin de rencontre quand le RCL tenta un ultime assaut.
« Il y a eu pas mal de changements par rapport au dernier match et cela ne nous a pas empêchés de rester cohérents, sereins dans une ambiance exceptionnelle », apprécie Stéphane Moulin. Quatre retouches avaient en effet été apportées : l'une de dernière minute avec la titularisation de Hiaumet dans les buts (Malicki souffre d'une pointe sciatique), une deuxième avec l'option Manceau à la récupération dans l'axe (Rousseau décalant à droite), et les deux dernières liées au retour de suspension des latéraux Fall et Djellabi. « On a très bien défendu dans l'ensemble, ils ont eu peu d'espaces, analyse Malik Couturier. Tout le monde était bien en place. » Rarement pris de court, Angers sut aussi s'éviter une trop grosse pression artésienne, en s'évertuant à bien faire circuler le ballon. En témoigne cet enchaînement de passes entre défenseurs au coeur du second acte, sans que les Lensois ne parviennent à exercer un réel pressing. « On a fait ce qu'il fallait pour que ce match ne soit pas trop difficile, relève Moulin. Avec beaucoup d'intelligence et de maîtrise. Ce n'était pas à la bagarre ou à la Pyrrhus. »
De pressing, il en fut même davantage question côté angevin. Avec quelques récupérations de balle dans la moitié de terrain lensoise qui auraient pu se transformer en belles munitions. Seulement, le Sco pécha dans ses enchaînements aux abords de la zone de vérité. Le trio Gomez - Charbonnier - Keserü, qui se trouvait à merveille en début de saison, fut plus approximatif. « Nous avons eu l'opportunité de nous créer des occasions mais nous avons mal terminé nos actions, soit par mauvais choix, soit par maladresses techniques. Nous n'avons pas eu notre justesse habituelle dans les vingt-cinq derniers mètres. » Y compris sur coups de pied arrêtés d'ailleurs, secteur pourtant si percutant en août. « Dans le foot, il y a des cycles, poursuit Moulin. Avant, on tournait à trois buts par match, là ce n'est plus le cas. Avant, on prenait des buts, là encore ça n'est plus le cas. Tout ne s'explique pas dans le foot mais je suis persuadé que l'on va retrouver très vite notre efficacité offensive. Car nous n'avons pas un visage plus défensif, loin de là. Nous avons toujours cette volonté de créer du jeu, d'aller chez l'adversaire. »
Souhaitons que les propos de l'entraîneur angevin trouvent rapidement concrétisation car, dans ce championnat a priori très ouvert, ce Sco - « en retard sur le plan comptable par rapport à ce qu'il produit » - est aussi près de la cinquième place (deux points)... que de la dix-huitième.