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Une sélection très féminine...
En remportant le CCI**** de Badminton, dimanche sur Hildago de l'Île, Nicolas Touzaint (ici au Mondial du Lion-d'Angers sur Tatchou) est entré dans l'histoire de l'équitation. Il est désormais tourné vers son dernier objectif de la saison : les Jeux Olympiques, en août. : Archives Ouest-France« Et là, boum, Badminton ! Ça me pète à la figure ! »
Dimanche, à Badminton, il était ému. Il a pleuré de longues minutes, les deux mains dans ses gants puis a enlacé Hildago de l'Île, son Hongre, l'a embrassé même. Ses larmes ont fait couler de l'encre. Il dit juste : « Oui, j'ai pleuré de longues minutes. Ça m'arrive très rarement. C'était nerveux. Je me demandais ce qui m'arrivait. » Il dit se repasser les images du week-end en boucle dans sa tête. « Là, deux jours après, je commence à peine à réaliser. A peine. »
Il lui est arrivé qu'il s'est agrandi un peu plus l'existence, Nicolas. Il lui est arrivé ce qui n'est arrivé à personne d'autre en France depuis plus d'un demi-siècle. Il lui est arrivé qu'il vient d'entrer pour de bon dans la légende du concours complet, repoussant les murs d'un quotidien presque monacal construit autour de son formidable piquet de chevaux, sa famille et quelques amis.
Il dit : « J'entretenais mon petit train-train jusque-là, je me préservais de l'agitation autour de moi en vue des Jeux, je me cachais un peu... Et là, boum, Badminton ! Ça me pète à la figure ! Je ne m'y attendais tellement pas. C'est tellement mythique, tellement un objectif pour tous les cavaliers, même supérieur aux Jeux, ça me semblait tellement inaccessible. » Une victoire à Badminton, c'est ça : c'est le mot « tellement ». Parce que c'est tellement tout.
Et lui de poursuivre, presque naïvement : « Badminton, pour moi, on y va trois ou quatre fois dans une carrière, on termine une fois 8e ou 10e et c'est déjà merveilleux. Moi, je me disais juste que j'y retournerai un jour avec Galan, quand il aura 16 ou 17 ans, pour se faire plaisir à deux. »
Pour lui offrir une belle der des der, pour profiter une dernière fois d'être ensemble.
Il l'a finalement gagné avec Hildago, son 3e cheval. On appelle cela l'ironie du sport.
« De mes trois objectifs de la saison, j'en ai déjà gagné deux... »
Il parle ensuite de ce succès historique comme d'un point de passage de sa saison. C'était son deuxième « compostage » sur la route qui le mène à Hongkong, après son titre de champion de France. Sa tête est déjà en Chine depuis de longs mois. Il se freine pour ne pas que cela tourne à l'obsession. Il ira là-bas avec Galan de Sauvagère et Hildago restera à la maison. Il fait bon. L'oeil rieur, il dit : « De mes trois objectifs de la saison, j'en ai déjà gagné deux... J'espère ne pas louper le troisième. »
Il sait d'ores et déjà qu'avec ce succès en terre anglaise, il sera le favori des Jeux. Ce ne sera pas rien de se savoir observé par le monde entier. En attendant, il est rentré chez lui, au haras de la Poissardière, un lieu de silence et d'habitudes prises où il entretient son petit train-train, comme il dit.
Mathieu COUREAU.
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