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Tramway : plus que trois ans à attendre... |
Le tramway n'est pas encore sur les rails : il faudra attendre 2009. Mais le projet a été définitivement acté au cours de la séance du conseil d'agglomération mercredi soir. L'enquête d'utilité publique va pouvoir être lancée. Elle durera deux mois, du 15 mai au 13 juillet.
Un débat historique, que celui de mercredi soir au conseil d'agglomération ? Pas sur la forme. Mais sur le fond, oui. Oui, les élus ont donné un feu vert définitif au tram mercredi. Oui, la déclaration d'utilité publique va pouvoir être ouverte. Et oui, Angers et le Grand Angers ouvrent bien une nouvelle ère dans les transports en commun angevins. L'équivalent d'un vrai « changement de culture », comme ont pu insister Pierre Viernot, Jean-Louis Gascoin et d'autres.
Certains ont bien essayé de batailler une ultime fois. Laurent Gérault, leader de l'opposition, pour dénoncer un « consensus de façade ». Et pour pointer la fragilité d'un plan de financement forcément malmené par les réajustements financiers : il a retrouvé les premières délibérations qui affichaient un coût de 173 millions d'euros en 2002. On en est à 238 aujourd'hui. Plus 35 % en trois ans : « Où en sera-t-on en 2009, au moment de l'ouverture ? » Jean-Claude Antonini préfère comparer les coûts angevins avec ceux des autres villes lancées dans le même défi du tramway : ici, on en est à 19 millions d'euros du kilomètre. Lyon réussit à se limiter à 14 millions et Mulhouse à 17. Mais Le Mans est au même niveau : 19 millions. Clermont-Ferrand à 21 (option pneus). Nantes à 24. Bordeaux au moins 27. Marseille et Nice à 35 millions d'euros.
Gérard Pilet, actuellement en campagne électorale dans sa ville de Saint-Barthélemy, aurait bien aimé avoir des perspectives plus claires sur le tracé qui sera retenu pour la 2e ligne. Mais personne n'a pu lui dire si l'option « Saint-Bar » serait préférée aux trois autres (Les Ponts-de-Cé, Trélazé, Monplaisir/St-Sylvain). Ce n'était d'ailleurs pas sa question : il a insisté sur les conséquences de la décision sur les plans d'urbanisme, les programmes de logement, etc. « Il faudra avoir tranché lorsqu'on lancera le Scot, le Schéma de cohérence territoriale (qui sera élaboré à l'échelle du Pays Loire-Angers). Donc il faudra être rapide », l'a rassuré Jean-Claude Antonini. Certes. Mais les municipales de Saint-Barthélemy seront sans doute passées...
Le pont qui perturbe
En fait, c'est surtout sur le pont qui traversera la Maine à hauteur du CHU et du complexe Gaumont que le débat s'est d'abord focalisé. Le fait de le surélever au lieu de le laisser à niveau en traversant la voie sur berge a engendré une volée de critiques. Pour Brigitte Caillat-Drouin, le pont-passerelle devient pont-coupure. C'est une nouvelle infrastructure lourde qui va surgir : « Le contraire de ce que nous souhaitions dans la reconquête des berges. » Elle y voit la pérennisation de l'autoroute urbaine actuelle. Donc la justification de la rocade sud engendrant de nouveaux trafics autos et poids lourds. « Nous ne sommes pas fidèles à notre projet 2015... »
Plutôt que surélever le pont spécial tramway, Laurent Gérault, lui, verrait bien la construction d'une nouvelle trémie à cet endroit. Et pourquoi pas le recouvrement de toute la 2x2 voies jusqu'au château pour en faire un vrai tunnel. Pour en faire un espace vert courant vers les berges de la Maine. Jean-Claude Antonini le voit truffé de sorties de secours, de prises d'air comme autant de protubérances, loin du « jardin idyllique » esquissé par son principal opposant à Angers. La trémie ? Pas question de dépenser 10 à 12 millions d'euros pour une réalisation... à l'opposé du projet initial qui est d'assagir la circulation le long de la Maine : « Recréer une voie urbaine qui se traverse, qui ne coupe pas la ville ! » Et qui permette aux Angevins de reconquérir « leur » Maine.
Alain MACHEFER.
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