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Parc de Loisirs. Près de Segré, bientôt la fin pour la Petite Couère ?... |
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Après 28 ans à la tête de la Petite Couère, Joël Nardin prend sa retraite et cherche un repreneur.
À 77 ans, Joël Nardin vit sa dernière saison à la Petite Couère, à Nyoiseau, près de Segré. Pour lui succéder, il est à la recherche d'un acquéreur. Sinon, le parc fermera.
Le temps semble s'être figé dans les allées de la Petite Couère, parc à thème sur le monde rural du début XXe, à Nyoiseau.
Avec son village de 1900, ses animaux en semi-liberté et ses tracteurs de collection, la machine à remonter le temps envoie le visiteur pour un voyage dans le passé. Faute de repreneur, le temps pourrait se figer à tout jamais.
« Ma dernière saison »
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Après avoir créé le domaine en 1989, il est temps d'arrêter pour Joël Nardin et ses 77 étés. Les larmes sont contenues, tant bien que mal, lorsque les mots sortent : « C'est ma dernière saison... »
« Je l'ai accepté maintenant. » Mais la décision a été difficile à prendre. Parce que la Petite Couère est finalement son histoire de gosse. Un éternel enfant qui cumule, entasse, collectionne depuis ses sept ans. Sa première voiture miniature est toujours là, dans la vitrine. Elle y est juste moins seule qu'à l'époque. Derrière la vitre, il y en a aujourd'hui 2 999 autres pour l'accompagner.
À la recherche d'un acquéreur
C'est une affaire de famille aussi. Sa femme, Hélène Nardin, gère l'accueil quand son fils travaille dans le parc à thème depuis quinze ans. Sa belle-fille s'occupe de la comptabilité à titre gracieux quand son petit-fils conduit parfois le petit train. Tout le monde met la main à la pâte pour cette fierté familiale.
C'est vingt-huit ans d'une vie qui vont s'arrêter le 3 septembre prochain. Dans l'idéal, « je souhaite qu'il y ait un repreneur qui achète tout en l'état. Je veux que ça reste en France ». Ça, c'est la première option, mais pas la plus facile. Aujourd'hui, un Canadien est intéressé, « mais rien n'est fait. Cette année, on ferme plus tôt. Après, je me consacre à trouver un repreneur. »
Besoin d'investissement
Si personne ne rachète le domaine, tout sera vendu séparément et la Petite Couère disparaîtra. Les quelque 400 animaux seront placés ou vendus. « On ne va pas les lâcher dans la nature ! »
15 000 à 20 000 curieux se pressent chaque année sur les chemins du parc de 80 ha pour approcher les daims, au bord de l'Oudon, ou déambuler place Louis-Gay, dans le village reconstitué. Ils viennent de Mayenne, de la Sarthe, de l'Anjou évidemment. Mais depuis quelques années, les écoles se font moins nombreuses et les cars d'anciens, plus rares. La Petite Couère est à l'équilibre, guère plus. « Le repreneur devra investir. » Jöel Nardin pense notamment à une aire de camping-car et de nouveaux jeux pour les enfants.
Si le sauveur n'arrive pas, ça sera un terrible gâchis de voir ces objets éparpillés aux quatre coins du globe façon puzzle. Avec une fermeture du domaine, le Haut-Anjou perdrait à coup sûr l'un de ses trésors !
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