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La querelle de voisinage se termine au couteau... |
A 22 ans, pas bien dans sa peau, David Mabit comparaît jusqu'à ce soir devant la cour d'assises. Le 1er mai 2005, il avait gravement blessé un Trélazéen.
Encore hier, lors de son procès, l'accusé a menacé la victime. Il a même éclaté de rire lorsque le président Jean Vermorelle a précisé que la victime perdait abondamment son sang, et qu'il s'en était fallu de peu pour la sauver. Déjà, en mai dernier, dans une lettre au juge d'instruction, il annonçait qu'une fois sorti de la maison d'arrêt, il se vengerait, en portant autant de coups de couteau que le nombre de ses années de prison.
Alors, jeudi matin, les différentes interventions des médecins experts ont été attentivement écoutées. « Issu d'une famille non-structurée, abandonné par son père, il n'aime pas l'autorité, a relevé le premier psychiatre. Sa personnalité est limitée. » Son collègue confirme : « Bien qu'atteint d'un déséquilibre psychopathique, il ne relève pas d'une pathologie psychiatrique. » Dans le box, David Mabit, cheveux ras, sweat à capuche, se lève : « Moi, j'assume ! » Placé en foyer à l'âge de 12 ans, toxicomane, il n'a jamais occupé un emploi. A son casier : cinq condamnations, des violences, trafic de stupéfiants, incendies de voitures. « Un tableau qui ne vous est pas vraiment favorable », lui a indiqué le président Vermorelle.Ce 1er mai 2005, vers 21 h, dans le quartier des Plaines, à Trélazé, à la suite d'une altercation entre voisins, alors qu'il n'est pas concerné, il va porter un coup de couteau. Il était venu avec d'autres copains, dans l'immeuble HLM de l'avenue de la République, pour régler un problème avec deux gars de la cité. « J'ai vu que cet homme avait une conversation houleuse avec le père d'un de mes amis. J'ai eu envie de le taper. J'ai sorti mon couteau. » Un coup profond qui atteint une artère, juste en dessous de la clavicule. « Une plaie qui a nécessité une intervention chirurgicale d'urgence, témoigne le médecin légiste, et une transfusion sanguine massive. »Sur le banc des parties civiles, la victime, un homme de 36 ans, fait face à son agresseur. Il est venu avec sa compagne. « Ce soir-là, elle aussi a été frappée par les membres de la famille voisine, annonce Me Nathalie Valade, leur avocate. Et cette femme était enceinte. »Seul David Mabit, auteur du coup de couteau, se trouve devant la cour d'assises. Les trois voisins, un père de famille et ses deux fils, à qui il était venu prêter main-forte, comparaîtront plus tard pour violences devant le tribunal correctionnel.La raison : « Seulement une simple injure ou plutôt un regard de travers », commente Émilie Lagrave, substitut du procureur. Interrogés à la barre par la magistrate, tous les témoins sont, hier, restés évasifs. « Je n'ai pas entendu. J'ai rien vu. Je ne comprends pas la question. »Alors difficile d'y voir clair. « Mais une chose est sûre, relève Me Valade. Personne de ces sept témoins n'a appelé les secours. » Et le policier, chargé de l'enquête, d'être encore plus explicite sur l'attitude de David Mabit : « Lors de sa déposition, il n'a eu aucune émotion. Son idée était de le tuer ! »Réquisitoire et plaidoiries, aujourd'hui. Verdict en fin de journée.Yves LAUNAY.