|
La maison d’Adam, notre Manneken-Pis angevin... |
1
La célèbre maison angevine vue par notre aquarelliste Benoît Vieillard. © Ouest-France
Carte blanche à Benoît Vieillard. Pendant tout l’été, notre dessinateur se promène dans la ville et croque la vie comme elle va dans ses aquarelles.
Cette demeure médiévale que tous les Angevins connaissent, je me devais de l’illustrer. Elle fait partie de la silhouette et de l’âme d’Angers. Il n’y a rien de plus plaisant que de dessiner ses vielles pierres, ses colombages, ses poutres sculptées de personnages, plus pittoresques les uns que les autres… Un couple d’amoureux par-ci, un centaure par-là, dans l’angle un pommier, « l’arbre de vie » !
À l’origine, il y avait à ses côtés, les figures d’Adam, d’Ève et du serpent. Mais à la Révolution française, le peuple, en colère, est passé par là ! Nos révolutionnaires auraient pu également régler le compte au « Tricouillard », un petit plaisantin au pantalon baissé ! Sans doute ont-ils préféré quelqu’un qui en a, plutôt qu’un symbole religieux qui les cache ?
Construite au XVe siècle
Le seul souvenir qu’il reste de cette époque, c’est le nom « Maison d’Adam », et pourquoi pas « Maison d’Ève » ? Notre Manneken-Pis angevin, messire « Tricouillard », serait-il finalement « Adam » ? Que s’est-il passé aux alentours de 1491, à la construction de cette bâtisse ? L’architecte et le sculpteur auraient-ils eu un différend avec le commanditaire ? Était-ce le signe anatomique distinctif du propriétaire ?
Quand on est notable et apothicaire de son état, il est plutôt malvenu d’exhiber ses attributs à qui que ce soit, encore moins de les sculpter en pleine rue, même si la douceur est angevine, aux yeux de tous ! Mais contrairement au Manneken-Pis, messire « Tricouillard » se met « cul nu » dans l’indifférence générale.
Il fait tellement partie du décor à Angers que les passants le snobent. Quant aux touristes, la plupart l’ignorent… Quelle ingratitude pour un personnage faisant partie de notre patrimoine et des monuments historiques !