À la chasse aux polluants dans la maison
François Uzureau a créé, à Chemillé, dans le Maine et-Loire, le Carré vert qui propose des produits naturels pour l'habitat.
Le Salon angevin de l'habitat proposait de lutter contre « les pollutions cachées » qui se nichent dans les peintures, le sol ou l'isolation.
Révélateur : pour la première fois, un espace était dédié à « l'habitat sain » au coeur du Salon angevin de l'habitat qui fermait ses portes hier. Histoire d'être « en phase avec les préoccupations des Français », arguait l'organisateur.Parmi les huit conférences thématiques, Sylvain Houpert proposait de traquer « les pollutions cachées dans l'habitat ». Ce jeune architecte, docteur en sciences de l'ingénieur, propose des solutions concrètes. Les colles, les peintures, les vernis qui contiennent des composés organiques volatiles (COV), particulièrement toxiques · « Je conseille les labels NF environnement ou éco-labels européens que l'on trouve sur les bioproduits, en vente dans des magasins spécialisés, voire des magasins d'alimentation bio. Ça coûte un peu plus cher, mais c'est bon pour la planète et pour l'humain », prophétise-t-il.François Uzureau en est convaincu. Cet ancien animateur environnement a ouvert, en avril, une boutique joliment appelée « le Carré vert » à Chemillé, entre Angers et Cholet. Il a des solutions à la pelle, comme le détaille son prospectus « imprimé sur papier recyclé avec des encres végétales ».Les peintures. « Je vends des produits naturels, sans solvants synthétiques, qui dégagent des COV. »L'isolation. « Choisir de la ouate de cellulose, du chanvre ou de la fibre de bois. »Les sols. « Pas de polystyrène pour les planchers chauffants, mais de la terre cuite... Il faut privilégier les bois locaux : moins de transport équivaut à moins de pollution. Je recommande aussi le linoléum naturel, composé d'huile de lin, de liège, de colophane (une résine de pin), de chaux et de pigments naturels. » Les enduits. « Privilégier la chaux, un produit naturel sans ciment. »Comment réduire les champs électriques ? « D'abord, utiliser le moins possible de fils électriques, éviter qu'ils passent partout dans la maison, et notamment dans les chambres. Ensuite, utiliser des fils blindés. » Le coût. « Les peintures sont dans la même catégorie de prix. (6,90 € le litre, par exemple, pour une peinture à l'argile). Les isolants naturels sont plus chers (8 € le m2 de laine de chanvre, 16 € le sac de 13,7 kg de ouate de cellulose), tout comme les sols, qui utilisent des matériaux nobles (34 € le m2 de linoléum, par exemple). » Pour le fil blindé, compter 60 € les cent mètres.François Uzureau en est convaincu : « Les gens sont prêts à franchir le pas. Les produits existent, mais la filière n'est pas encore suffisamment structurée ».Laurent BEAUVALLET.
Ouest-France