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À Angers, le violeur de Marie condamné à 15 ans... |
En novembre 2005, la jeune fille de 16 ans et demi avait vécu une nuit d'horreur. Hier soir, les jurés du Maine-et-Loire n'ont accordé aucune circonstance atténuante à son agresseur.
C'est rare qu'un accusé se tire une balle dans le pied. Pourtant, au deuxième jour de son procès, Joseph Loemba, un Angevin de 34 ans, comparaissant pour des viols et une tentative de viol suivie d'une séquestration, a dévoilé sa vraie nature. Hier, peu avant midi, la présidente de la cour d'assises d'Angers, Nathalie Vaucheret, lui demande de s'expliquer sur le témoignage de deux jeunes filles. « Alors qu'elles n'ont pas porté plainte contre vous, elles racontent que vous avez été jusqu'à enfermer l'une d'entre elles dans une chambre pour lui imposer un rapport sexuel. » L'accusé se lève et lance : « Ce sont toutes des allumeuses ! »
Plus tard, en requérant quinze ans de réclusion criminelle, Alain Leroux, l'avocat général, traduira : « Toutes des salopes ! » S'adressant aux jurés, trois femmes et six hommes, il ajoutera : « Joseph Loemba considère la femme comme un objet, une marchandise. La preuve de son cynisme, c'est qu'il ira jusqu'à demander à Marie, violée deux fois, si elle a aimé ça. » Et de rappeler aussi qu'il ira jusqu'à faire les poches de sa victime après l'avoir violée.
« C'est un cauchemar, mais ça va passer ! »
Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2005, alors que l'apprentie serveuse en restauration, âgée de 16 ans et demi, rentrait chez elle, Joseph Loemba l'avait agrippée et jetée dans un local à poubelles. « Une nuit d'horreur, a martelé Jacques Monier, l'avocat de la jeune fille. Depuis, sa vie est une souffrance. Selon les experts, cette agression l'a brisée. » Lui aussi, comme l'avocat général, rappelle ce que disait le violeur à sa victime : « C'est un cauchemar, mais ça va passer ! »
Auparavant, au nom d'une autre victime de 20 ans, Me Isabelle Guérin avait comparé l'accusé « à un véritable rapace. C'est un prédateur qui prend de force ce qu'il veut ! »
Mission alors délicate pour l'avocat de la défense, Me Pascal Rouiller. D'abord, il s'est désolidarisé des propos de son client à l'encontre des victimes. Puis il a précisé judicieusement : « Même dans la criminalité, il y a une hiérarchie. » Et de faire comprendre aux jurés qu'il y a les bons et les mauvais violeurs. « Les faits sont terribles, mais il n'y a pas eu d'insultes et de coups. Il voulait que ça se passe le moins mal possible. »
Après trois heures de délibéré, la cour d'assises a suivi les réquisitions, infligeant à Joseph Loemba une peine de quinze ans de réclusion criminelle.
Yves LAUNAY.