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Une pièce du MoDem dans le puzzle Antonini... |
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Bernadette Caillard-Humeau rallie l'équipe de Jean-Claude Antonini, dont elle serait la première adjointe en cas de victoire.
Bernadette Caillard-Humeau sera la première adjointe du maire en cas de victoire aux municipales. Jean-Claude Antonini a signé, jeudi, un accord avec un groupe qui se revendique « démocrate ».
Mère de cinq enfants, cette journaliste de 47 ans, élue sur la liste de Dominique Richard en 2001, a été contactée début octobre par le maire. « On s'est rencontré. J'ai dit que je voulais attendre. Car, à l'époque, je croyais possible l'existence d'une liste autonome du Modem à Angers, comme le voulait Bayrou. » Et si Christophe Béchu lui avait fait un appel du pied ? « D'abord, je ne suis pas Sarkozyste et, ensuite, il y a des gens avec qui je ne voudrais pas travailler. Mais je ne parle pas de Christophe Béchu en disant cela... » Finalement, pas de liste autonome et un MoDem qui choisit l'alliance avec la droite. Au grand dam de Bernadette Caillard-Humeau, qui dénonce un passage en force : « Laurent Gérault a fait comme si le MoDem n'avait jamais été créé... »
Celle qui embarque avec elle une dizaine de personnes du MoDem a signé un accord de partenariat avec le maire, en qualité de « leader de la sensibilité démocrate et du groupe démocrate d'Angers ». Bien plus qu'un accord d'appareils politiques, ce document place l'environnement au coeur du projet Antonini. Mais pas seulement : le développement culturel en soutenant les pratiques amateurs, le développement en lien avec les entreprises des crèches et aides maternelles à horaires atypiques, l'expérimentation d'un dispositif de micro-crédits destiné aux très petites entreprises, l'étude d'une école internationale...
« Si je suis exclue ? »
Une partie du MoDem à droite, une autre à gauche. Une décision qui sème la zizanie au sein du Mouvement démocrate. Thomas Mérel, responsable de la section locale, tient à exprimer son « incompréhension » et son « indignation ». Car il rappelle que, pendant sept ans, « nos représentants au sein de la municipalité n'ont cessé de dénoncer l'absence de vision du maire et la politisation de son entourage au détriment d'un projet ambitieux pour Angers et les Angevins ». Et que le choix « que nous avons unanimement entériné porte d'abord la marque de la cohérence. La présence de Christophe Béchu devant les militants de la section a été l'occasion de valider et de conforter ce choix ».
Et c'est là que Thomas Mérel ne comprend décidément pas : « La présence de Bernadette Caillard-Humeau lors de cette réunion était l'occasion pour elle d'exprimer publiquement ses divergences. Non seulement elle n'en a pas eu le courage, mais elle a voté en faveur du partenariat et privilégié, quelques jours plus tard, l'anathème par voie de presse. »
Si Christophe Béchu n'a pas souhaité réagir, Laurent Gérault, pour sa part, estime qu'il reste « fidèle » à ses convictions, « respecte le choix de François Bayrou » et ce qu'il croit « juste » pour Angers. Il y a quelques semaines, il avait par ailleurs affirmé que Mme Caillard-Humeau s'excluait d'elle-même du MoDem si elle se tournait vers le maire. Une décision nationale qui n'effraie pas la nouvelle pièce du puzzle de l'équipe Antonini : « Si je suis exclue ? Pfffff... C'est un épiphénomène dont on ne se souviendra plus dans quelques années. »
Arnaud WAJDZIK.