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Une école Montessori en gestation pour 2011... |
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Le calcul s'y apprend par le regard et le toucher. Ici, la longueur des barres varie de 10 cm en 10 cm. Marie-Hélène Barbier les a présentées dans le désordre à Pauline.
Elle reçoit déjà vingt enfants à Ecouflant. Et cherche un local à Angers pour septembre 2011. Cette école privée reposera sur l'enthousiasme des éducatrices et le financement des parents.
Elles sont enseignantes de collège. Ont chacune deux filles de 3 et 5-6 ans. Et, vraiment, elles n'avaient pas envie de les confier à l'Education nationale ! Alors, sans se connaître, elles ont eu la même démarche : se former à la pédagogie Montessori. « Une fois qu'on a mis le pied dedans, on ne peut plus en sortir, témoigne Maëlle Nicot. Il y a une telle logique de l'apprentissage... ! »
Pour l'écriture, les enfants... lavent le miroir : « On met du blanc de Meudon, explique Marie-Hélène Barbier, qui a ouvert un embryon d'école, en septembre dernier, dans sa maison d'Ecouflant. Ils l'étalent en faisant des boucles, dans le sens de l'écriture. Puis ils l'essuient avec des mouvements bien droits pour apprendre à écrire sur une ligne. »
Elle va aussi les préparer à la tenue du crayon : les petits versent des pois chiches d'un bol dans l'autre. « Quand ils en font tomber un, je leur demande de le ramasser avec les trois doigts qui leur serviront à écrire. »
La joie d'apprendre
Déjà, une vingtaine d'enfants de 3 à 10 ans fréquentent ces ateliers. Les moins de six ans viennent le matin. L'après-midi, des enfants qui souffrent d'un handicap (autisme, trisomie, épilepsie). Et le mercredi, elle fait du soutien scolaire. « Scolarisés, ces enfants-là viennent pour la joie d'apprendre en manipulant », explique Marie-Hélène Barbier. Au début, les enfants vont verser, boutonner, balayer... « On le leur montre de façon décomposée pour qu'ils voient bien les mouvements », poursuit-elle. Seconde étape, ils vont raffiner leurs cinq sens sur le « matériel sensoriel » : des flacons d'odeurs et de goûts à reconnaître, des textures à toucher, des couleurs à classer dans l'ordre de leurs dégradés... Ici, c'est le cabinet de géométrie, là le jeu de clochettes que les enfants mettent en ordre du son le plus grave au plus aigu. « Ça leur apprend la précision, la délicatesse... » Il y a toujours un jardin dans une école Montessori. « En même temps qu'on observe les feuilles, les fleurs, les insectes, on leur donne le vocabulaire... » Le limbe, le pétiole ou les feuilles obcordées, ça ne pose aucun problème à un enfant de 3 ans ! Vers 4 ans, il commence à apprendre à lire, trois lettres par trois. « Il suit le tracé de lettres rugueuses avec ses doigts et on lui donne le son : « sss », « rrr »... » Au bout de quelque temps, il sait lire. On aborde alors la grammaire... « Et on lui pose toujours les questions progressivement pour éviter de le mettre en échec. » L'enfant apprend à son rythme, en confiance, ce qui favorise son autonomie.
Il existe une cinquantaine d'écoles Montessori en France, dont une à Rennes depuis 1955. Celle d'Angers devrait ouvrir à la rentrée 2011, pilotée par l'association Ema (Enseignement Montessori aujourd'hui) : « Nous avons l'accord de la mairie », assure Maëlle Nicot. Cette école privée hors contrat sera financée par les parents « selon leurs niveaux de revenus ». Il leur sera demandé de participer à la vie de l'école, du nettoyage à la fabrication du matériel en passant par l'animation d'ateliers, selon leurs compétences.
Reste à trouver un local de 150 m2 à louer... avec jardin.
Claudine QUIBLIER.
Vendredi 8 octobre, à 20 h, réunion d'information à la Maison de quartier Saint-Serge Saint-Michel, 9, rue Duboys. Contact : maelle.nicot@ema-angers.fr.