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Un cercle de silence, la dignité au centre... |
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Comme dans 115 villes de France, les Angevins ont créé un cercle de silence, en soutien aux sans-papiers maltraités.
Hier soir, place du Pilori, 135 personnes ont dit leur opposition aux traitements infligés, dans les centres de rétention, aux sans-papiers.
C'est magnétique, un cercle de silence. Vous venez faire votre petit reportage. Vous interviewez quelques responsables. Vous repartez pour écrire votre papier... Pas moyen.
C'est comme une onde irrésistible, un aimant. 135 personnes en cercle, debout dans la nuit, sous une pluie fine. Qui disent, par leur seule présence, la dignité de chaque être humain et la solidarité de ceux qui ont un peu de sécurité, envers ceux qui n'en ont aucune.
Alors j'ai pris ma place dans le cercle où quelques pancartes exprimaient la détermination de tous : « En solidarité avec ceux qui ne peuvent pas parler », « Ils sont nos frères en humanité »...
Hommes et femmes, jeunes et vieux, valides et handicapés, écolos, chrétiens ou simplement citoyens... Ils sont restés là une heure, sous le regard intrigué des passants. Avec leur coeur battant pour seule musique et le « merci » d'un jeune d'origine étrangère remontant la place...
Alors un responsable du collectif a rompu le silence, donnant rendez-vous au même endroit, à la même heure, le 4 mars. « C'est trop difficile pour moi de ne pas parler ! », s'est exclamée ma voisine en rigolant. Puis chacun a embrassé ses amis et s'est perdu dans la nuit. Solide.