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Subventions supprimées : la culture va déguster... |
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Plusieurs festivals montés par la ville sont purement et simplement supprimés : Tour de Scènes et Angers l'été (notre photo).
Tour de scènes et Angers l'été supprimés. Les Accroche-coeurs ramenés sur un week-end. Le Festival du Scoop privé de subvention... Le maire avait prévenu : les sacrifices vont faire mal.
Jean-Claude Antonini avait annoncé la couleur en présentant ses voeux, au Quai, début janvier : devant la violence de la crise, il faudrait faire des choix. Traduire : faire des sacrifices. On ne peut pas geler les impôts, bloquer les tarifs municipaux (cantine, activités sportives et culturelles, centres de loisirs...), inciter le Centre communal d'action sociale à élargir ses aides, investir de nouveau lourdement dans le logement... sans tailler par ailleurs !
« N'augmenteront que les seules subventions permettant de satisfaire une solidarité active. Je sais que je vais me prendre une volée de bois vert de la part de certaines associations... et aussi de certains adjoints, pour qui le budget sera revu à la baisse ! » avait alors annoncé Jean-Claude Antonini. En esquissant aussitôt les directions dans lesquelles il allait falloir sabrer. « Certains événements culturels ne servant pas directement le lien social ou le rayonnement national d'Angers pourraient être mis entre parenthèses. »
On y est. Et ce sera douloureux.
Le festival du Scoop menacé ?
Jean-Claude Antonini a décidé de tailler dans le vif. En supprimant purement et simplement certaines manifestations municipales pourtant devenues incontournables dans le paysage culturel de la ville, voire du département.
C'est vrai pour Tour de scènes : la 12e édition, attendue en mai prochain, est rayée de la carte, repoussée à des jours meilleurs. Ils manqueront, ces rendez-vous de musiques actuelles, avec cette formule qui permettait à des groupes émergents locaux de profiter des formations aguerries venues jouer les locomotives. Ils manqueront, ces concerts gratuits qui mobilisaient 35 000 jeunes spectateurs.
Exit le festival Angers l'été, devenu un must des animations estivales. Les têtes d'affiches qui se succédaient au cloître Toussaint ou au théâtre Chanzy depuis des années ramenaient entre 10 000 et 12 000 spectateurs fascinés par la prestation de groupes comme Ursus Minor ou Lo Còr de la Plana...
Pas question, en revanche, de tuer les Accroche-coeurs, évidemment : la manifestation colle trop à l'identité de la ville, désormais. Mais plus question d'avoir les yeux plus gros que le ventre en faisant courir la manifestation sur deux week-ends : un seul suffira !
Autre victime de ces coupes claires : le Festival du Scoop qui va voir sa subvention purement et simplement supprimée. Ce qui fâche très fort Alain Lebouc, révulsé d'être ainsi lâché alors que la manifestation qu'il préside depuis 25 ans « fait rayonner le nom d'Angers dans le monde entier », affirme-t-il. Jean-Claude Antonini ne fait pas la même revue de presse : « Chaque année, je vois les formidables retombées du Festival Premiers plans dans tous les médias. Le festival du Scoop n'intéresse que les médias locaux. »
Une condamnation à mort ? « Non, puisque le festival du Scoop possède une réserve de 90 000 €. Tout le monde doit faire des économies, Premiers Plans, Scoop... Tout le monde ! »