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Sa femme meurt sans le secours des agents19 |
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L'épouse d'André Héry est morte dans ses bras, lundi. Et sous les yeux de deux fonctionnaires municipales.
Deux adjointes de sécurité ont été entendues par la police pour n'avoir pas porté assistance à une personne de 78 ans, dans une rue d'Angers.
Il ne sait pas encore s'il va porter plainte, cet ancien médecin de 80 ans. « Je suis assez triste comme cela... » Lundi, peu avant 13 h, son épouse est morte dans ses bras, rue Chevreul, dans le centre-ville d'Angers, sous les yeux de deux adjointes de sécurité voie publique (ASVP), qui n'ont pas réagi.
André Héry, l'époux de la victime, revoit la scène. « Je me suis arrêté près de chez moi, cinq minutes, pour descendre trois valises. Ma femme était fatiguée ; nous revenions d'un long voyage. J'étais sur un emplacement interdit... » Deux fonctionnaires municipales assermentées, en uniforme, arrivent à sa hauteur et lui demandent de bouger sa voiture sans attendre. Il la déplace de cinq mètres. Son épouse, Jacqueline, descend. Elle trébuche et s'écroule au milieu de la rue.
Les agents municipaux se sont-ils empressés de lui porter secours ? Nullement, affirment plusieurs témoins, choqués par la scène. « Elles ont regardé sans rien faire », s'indigne Éric Mottu, restaurateur à Angers. Version confirmée par Grégory, un Angevin d'une trentaine d'années qui passait par là : « C'est moi qui ai appelé les pompiers ! Elles répétaient au médecin que ce n'était pas leur faute, tandis que le pauvre homme tentait de ranimer sa femme... » Il ajoute : « Le temps que j'aille chercher une couverture, les ' pervenches ' avaient disparu ! »
« Elles pensaient que c'était un malaise »
Jacqueline Héry est décédée des suites de sa chute. Le témoin Grégory s'est aussitôt rendu au commissariat de police nationale pour faire une déposition. Une enquête interne a eu lieu au sein de la police municipale pour tenter de comprendre ce qui s'est passé.
Explication de l'élu municipal chargé de la sécurité, Jean-Pierre Chauvelon : « Le mari a dit qu'il était médecin. Que pouvaient faire nos agents qui ne sont pas équipés de radio et ne pouvaient donc pas donner l'alerte ? » Embarrassé par cette affaire, l'élu glisse cependant : « Elles ont été entendues par la police. Elles auraient mal analysé la situation, pensant que c'était un simple malaise, et préoccupées par leur mission d'après... »
Le Dr Héry ne demande pas de sanction. « C'est juste que je ne comprends pas comment on peut faire preuve d'aussi peu d'humanité... »
Arnaud WAJDZIK.
« Nos agents n'étaient pas en faute », dit la Ville
« Il n'y a aucune faute professionnelle. Nos agents se sont assurés que les secours allaient arriver avant de partir vers une autre mission, à savoir la surveillance d'écoles. » Jean-Pierre Chauvelon, l'élu à la sécurité d'Angers, s'est expliqué ce matin après le décès d'une femme de 78 ans, lundi à Angers.
Plusieurs témoins affirment que les adjointes de sécurité voie publique (ASVP), présentes sur place, n'ont pas levé le petit doigt en voyant la femme s'écrouler dans la rue.
« Tout le service est traumatisé par ce qui s'est passé, assure Jean-Pierre Chauvelon. Elles n'étaient pas équipés de radios et ne pouvaient donc pas appeler les secours. Nous allons en tirer les conséquences en équipant nos agents de moyens de liaison, très rapidement. »
Le témoignage d'une passante accable les ASVP
Si l'adjoint au maire à la sécurité prend leur défense, le témoignage d'une passante les accable. Selon elle, les deux ASVP n'auraient même pas attendu l'arrivée des secours. Édifiant.