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Le voile se lève sur la découverte de la pépite d'or... |
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Le certificat est signé par le découvreur de la pépite d'or d'Angers, André Reliat.
Un certificat, signé par le découvreur en 2008, indique que douze autres pépites de tailles plus modestes ont été découvertes à Blaison-Gohier, tout près de l'endroit où celle d'Angers aurait été trouvée.
L'enquête
A Angers, on ne parle plus que de ça. La pépite achetée par la Ville d'Angers en mai 2008 est-elle issue d'un vol ? C'est ce qu'affirme l'avocat de Geneviève Dalle, l'épouse de l'ancien PDG de L'Oréal (lire Ouest-France de lundi et mardi). Elle a déposé plainte en février 2010 pour des vols survenus au domicile de sa mère, dans un hôtel particulier d'Angers, où elle affirme qu'une pépite d'or de 57 g s'y trouvait !
S'agit-il de la même pierre ? Celui qui affirme l'avoir découverte en Anjou tient à garder le silence. Manifestement agacé par l'ampleur que prend cette affaire, le paléontologue amateur André Reliat, originaire de Chalonnes, a pourtant des arguments qui accréditent sa découverte.
Ouest-France s'est procuré le certificat d'origine qu'il a délivré à Christian Lolon, le Morbihannais qui a racheté la pépite en 2008. On peut lire ceci : « La pépite a été trouvée, de façon fortuite, lors d'une promenade champêtre sur la commune de Blaison-Gohier, dans le Maine-et-Loire, écrit André Reliat. La date de la découverte se situe aux environs du mois de mai 2001. [...] »
Origine géographique impossible à déterminer
Le document atteste aussi que la pierre a été présentée dans un salon à des membres du Bureau régional de géologie et de minéralogie en 2005. Or, selon l'avocat, l'origine de l'escroquerie des biens de Geneviève Dalle remonterait... à 2006 !
André Reliat affirme également que ce n'est pas la première pépite à avoir été trouvée dans le même secteur. Il parle de « 11 ou 12 pépites, la plus grosse pesant 30 grammes, une autre de 12 grammes, les autres entre 2 et 3 grammes, dont quelques-unes en forme de goutte d'eau. Elles ont été hélas vendues et très certainement fondues après leur découverte ».
En attendant, cette affaire fait sourire à l'Institut des matériaux de Nantes, qui avait confirmé le caractère naturel de cette pépite en 2008. Retrouver l'origine géographique, comme le suggère l'avocat de la plaignante ? C'est mission impossible, selon le professeur Emmanuel Fritsch : « La question se mord la queue car on n'a pas de matériaux de référence pour la région d'Angers. Certes, l'origine géologique peut être déterminée. Mais, à moins de faire appel à des spécialistes mondiaux de l'or, et de dépenser de folles sommes d'argent, vous ne pouvez pas établir l'origine géographique d'une pépite d'or ! »
Le chercheur affirme cependant qu'il est tout à fait « plausible » que la pierre ait été découverte à cet endroit : « Il n'y avait pas de gisement, semble-t-il, mais elle a pu être transportée par une rivière, en bout de course de la Loire. Il suffit d'un filon sur le chemin. Et puis à Gohier, il y a un site gallo-romain situé juste au-dessus, qui est interdit d'accès. » Et si la pépite d'or avait été façonnée par un orfèvre dans son atelier avant de traverser les siècles ?