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La fonderie de l'Authion en liquidation... |
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La situation avait été explosive, à la mi-septembre. Opposés à 18 licenciements, les grévistes avaient menacé de faire sauter les stocks de collecteurs destinés à Volkswagen, le principal client. © Archive Ouest-France
Nouveau coup dur pour les 90 salariés de l'entreprise des Ponts-de-Cé. Elle a un mois pour trouver un repreneur. Avec de probables licenciements à la clé.
Deuxième liquidation pour la fonderie des Ponts-de-Cé. Voici un an, au moment du rachat par Helvéticast, elle avait déjà subi une quarantaine de licenciements. Dix-huit supplémentaires avaient été programmés. Ce qui avait mis le feu aux poudres, à la mi-septembre. Les salariés en grève avaient menacé de faire sauter les stocks de collecteurs d'aluminium destinés au groupe automobile Volkswagen. La catastrophe avait été évitée de justesse.
La fonderie est en train de vivre un nouveau drame. En redressement judiciaire depuis octobre, le tribunal de commerce de Paris a prononcé, hier matin, sa liquidation. Avec une poursuite d'activité d'un mois, le temps de trouver un éventuel repreneur. Un seul candidat se trouve, pour l'instant, sur les rangs. Il s'agit d'un jeune industriel dont le groupe, en Haute-Savoie, possède plusieurs petites usines d'emboutissage, de boulonnerie et de plasturgie. Il envisagerait de ne reprendre que 40 salariés.
De nouveaux licenciements
« C'est une catastrophe, avec plus de 50 % du personnel qui saute ! s'exclame Patrick Choletais, délégué syndical CGT. Nous avons demandé au tribunal que le repreneur améliore son offre. En espérant quelque chose de concret derrière... » D'autres offres peuvent être faites d'ici le 19 janvier. Mais avec la crise, elles risquent d'être peu nombreuses.
La mauvaise nouvelle de cette deuxième liquidation n'a pas pu être annoncée à tous les salariés. La fonderie ne tourne pas actuellement. Depuis le 6 décembre, la majorité du personnel se trouve en « congés forcés ». Conséquence de la crise qui touche le secteur automobile.
Le travail ne devrait reprendre que le 6 janvier. Dans des conditions que l'on devine. « Cela risque d'être tendu, reconnaît le délégué syndical CGT. Le repreneur se trouve en position de force. Les perspectives ne sont vraiment pas réjouissantes. »
Jean-Michel HANSEN.