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L'usine Scania stoppe le mercredi et le vendredi... |
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Les salariés ne vont plus travailler que trois jours par semaine. Pour réduire les pertes de salaires occasionnées par le chômage partiel, la direction va inciter le personnel à utiliser ses droits individuels de formation.
Faute de commandes suffisantes, le constructeur de poids lourds a finalement recours au chômage partiel à Angers. Une mesure à durée indéterminée pour la quasi-totalité des 530 salariés.
Pas de production aujourd'hui. Les machines sont à l'arrêt, et les ateliers déserts. Chez Scania, à Angers, il en sera désormais ainsi chaque vendredi et chaque mercredi. Comme prévu, le constructeur de poids lourds a finalement recours au chômage partiel deux jours par semaine pour s'adapter à la baisse d'activité.
Jusque-là , la direction avait réussi à faire face en utilisant un système de flexibilité du temps de travail. En décembre, l'usine a même été fermée durant quatre semaines. Mais au bout du compte, « les salariés n'ont pas perdu un centime », assure Bernard Proux, le directeur des ressources humaines.
En revanche, les huit jours par mois de chômage partiels annoncés pourraient entraîner « une perte de salaire de 7 % ». Soit 100 € par mois pour un salaire de 1 500 € net. Pour éviter ça, la direction va inciter le personnel à utiliser ses droits individuels de formation (Dif). « La perte pourrait être alors ramenée à 2,5 %, voire zéro ».
« On en saura plus au prochain trimestre »
D'une manière générale, Scania profite de cette situation pour renforcer son plan de formation. Quatre heures y seront consacrées sur le temps de travail. « Notre atout principal, ce sont les compétences du personnel », justifie Bernard Proux.
Le directeur des ressources humaines estime « pouvoir maintenir ce dispositif toute l'année ». Car le chômage partiel est malheureusement prévu pour durer... « Pendant six mois, ou jusqu'à la fin 2009, on ne sait pas », reconnaît Robert Dubois, le PDG de Scania Production Angers. « Personne ne peut le dire pour l'instant ; on en saura un peu plus au prochain trimestre », note Martin Stahlberg, le PDG de Scania France.
Robert Dubois se veut tout de même rassurant : « Le marché est cyclique. Tous les 7 ou 8 ans, il y a une baisse d'activité ; mais il faut se préparer à une demande plus forte dans l'avenir ».
D'ailleurs, le groupe Scania, qui a fabriqué 74 000 camions en 2008 (dont 12 600 à Angers), table sur 100 000 en 2010. Et 150 000 en 2015. La crise ne pourrait donc être qu'un mauvais cap à passer pour Scania, à condition que ça ne s'éternise pas...
Vincent COQUEREAU.