|
L' Agglo réussira-t-elle le pari du tramway ?2 |
Angers, frileuse ou ambitieuse ? L'arrivée du tramway transforme Angers. Pourtant, la ville ne bénéficiera pas, avant longtemps, d'une seconde ligne. La faute aux finances.
Les rails de la deuxième ligne sont déjà posés ! Du moins un aiguillage, au niveau du boulevard Foch, en haut de la rue d'Alsace, en direction de la place Lorraine. Mais ce n'est pas demain que les Angevins verront un tram s'y engager. Comme dit le président de l'Agglo et maire d'Angers, Jean-Claude Antonini, « finissons d'abord la première ligne ! »
Angers ne suit pas l'exemple d'autres villes, comme Le Mans, Orléans ou Clermont-Ferrand, qui prolongent leur première ligne ou construisent, déjà, leur deuxième ligne. La ville, qui partait avec un retard, risque fort de le conserver. « Les autres avaient tous commencé avant nous, s'exclame le président. Le décalage se poursuit. »
Après 2015
Ce décalage risque même de s'aggraver. Officiellement, la construction a été repoussée : elle ne verra pas le jour pas avant 2015. « Nous ne pouvons pas le faire avant, pour des raisons techniques et financières », assure Jean-Claude Antonini. À cette date, il aura achevé son mandat. C'est son successeur qui coupera, probablement, le ruban inaugural.
Encore faut-il trouver les financements. « Je ne sais pas, aujourd'hui, de quelles ressources nous allons disposer. Il y a la crise et, surtout, la réforme de la taxe professionnelle », explique le président. Le chef de file de l'opposition, Laurent Gérault, dénonce un dérapage non contrôlé des dépenses. « Il aurait fallu une vision globale dès le départ. Or, à aucun moment, nous n'avons eu un plan de financement. Tout a été fait au coup par coup. Aujourd'hui, nous en payons les conséquences. »
Demi-ligne...
Alors, que faire ? L'opposition rappelle son projet datant de la campagne des municipales : une demi-ligne qui relierait Belle-Beille au centre-ville. « Si on ne la réalise pas rapidement, notre agglomération restera déséquilibrée », estime Laurent Gérault. Un projet que Jean-Claude Antonini ne trouve « pas idiot ». Il signale que des aiguillages sont déjà en place. Mais faute d'une ligne ferrée, des bus à haut niveau de service sont prévus, confortables et rapides.
Ce n'est pas une solution pour Laurent Gérault. « S'arrêter maintenant, c'est être frileux. Le contexte économique et social nous oblige encore plus à avoir une politique de développement, de rayonnement et d'attractivité. »
Jean-Claude Antonini réfute toute frilosité. Il en veut pour preuve sa volonté de faire passer la première ligne par l'hyper centre-ville. « Aucune autre ville ne l'a fait. Ce n'est pas populaire. Mais ça, c'est de l'ambition. »
Coup de frein
Pour l'anecdote, le maire évoquait, voici dix ans, la mise en service d'une troisième ligne dès 2007 ! « J'ai eu un moment d'enthousiasme ! » sourit-il, précisant que les perspectives économiques étaient, à l'époque, bien meilleures. Depuis, la crise est passée par là. L'Agglo n'a plus les moyens de son ambition, du moins en ce qui concerne le tram. Un sérieux coup de frein.