Les soldats d'élite sont hyperéquipés pour descendre sous terre : deux bouteilles d'oxygène, un détecteur de gaz, un plan des égouts, des jumelles infrarouges, un talkie-walkie, un fusil Famas, un pistolet automatique... : Franck DubrayLe chef soulève la bouche d'égout à l'aide d'un crochet. Une plaque banale située entre un terrain de football et une station-service, le long d'une route aux portes d'Angers (Maine-et-Loire). Après un rapide coup d'oeil dans la galerie, le militaire se tourne vers ses hommes. « C'est parti, vous descendez les gars. »
Rien ne manque à la panoplie des soldats d'élite : deux bouteilles d'oxygène, un détecteur de gaz, un plan des égouts, des jumelles infrarouges, un talkie-walkie, un fusil Famas, un pistolet automatique... « Le plus long c'est la préparation », témoigne un militaire, avec ses cinquante kilos de matériel sur le dos. Pas le temps de s'épancher sur les détails. « Au suivant ! », tonne le chef.
Ces hommes sont en stage à l'École du Génie d'Angers. Ils se forment aux réseaux suburbains, c'est-à-dire aux missions qui se déroulent dans les égouts et les galeries souterraines. Parmi eux, quatre militaires belges.
« Nous sommes les seuls en Europe à proposer cette formation », explique le lieutenant-colonel Bavay, du Génie d'Angers. La formation est dispensée depuis trois ans, par dix-neuf moniteurs dont l'expertise est précieuse pour s'adapter aux guérillas modernes. « Aujourd'hui, la majorité des combats se déroule en zone urbaine, l'armée devait donc se spécialiser », résume le chef de bataillon Plantec.
Dans l'eau, sans bulle d'air
Les 110 plongeurs de combat français, tous formés à Angers, jouent un rôle d'éclaireurs en vérifiant la sécurité des galeries, avant que les brigades ne suivent. Ils interviennent aussi bien en France qu'à l'étranger. Ils peuvent rester plus de quatre heures sous l'eau sans laisser échapper la moindre bulle d'air. Leurs moyens sont impressionnants. Ils sont formés au déminage, peuvent souder le métal...
Dans un boyau d'égout d'Angers, une épaisse barre de fer bloque le passage. Les soldats la tranchent en moins de dix secondes dans un crépitement d'étincelles. Rien ne résiste à la baguette d'oxygène et de magnésium chauffée à 5 600 °C. « Ça coupe tout, de la ferraille au bloc de béton, y compris sous l'eau », confirme un gradé.
Les militaires belges sont conquis. « On se servira de ces techniques », assure Dave Van Londeyhem, du 11e Génie de Burcht, près d'Anvers. Son collègue de Liège Nico Pafras confirme : « C'est la première fois que j'apprends à plonger sans qu'il y ait une surface d'air libre pour remonter. » Ces officiers belges rentrent aujourd'hui. Dans quelques mois, leurs homologues allemands et autrichiens viendront à leur tour arpenter les égouts d'Angers.
Paul GYPTEAU.

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Autant le premier volet joue sur l'humour de la rencontre avec des véhicules...

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