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Il faudra deux ans pour bâtir le nouveau Plu... |
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Le plateau de la Mayenne redevient... un terrain d'aviation. Impossible, donc, d'y construire les 4 000 logements prévus. Du moins, pas avant d'avoir révisé le plan d'occupation des sols...
Sonné, mais pas abattu, le président de l'agglo Jean-Claude Antonini entame une phase de concertation pour réviser les documents en vigueur. Un nouveau plan local d'urbanisme verra le jour, fin 2011. Questions-réponses.
Au fait, c'est quoi, ce plan local d'urbanisme « centre » ?
Ce document concerne quatre communes de l'agglomération : Angers, Avrillé, Saint-Barthélemy-d'Anjou et Trélazé. Appelé aussi « Plu », il régit l'urbanisme d'une collectivité. En simplifiant, il dit là où il est possible ou pas de construire. Ce document remplaçait le plan d'occupation des sols (Pos) qui avait été élaboré en 1978.
Et après ? Pourquoi on en parle aujourd'hui ?
Après le recours déposé, notamment, par la Sauvegarde de l'Anjou, le tribunal administratif a estimé que ce Plu n'était pas valide. Les juges arguent que l'agglo brade son statut de « capitale du développement durable » en déclassant certaines zones protégées, et en condamnant près de la moitié des zones boisées d'Angers.
Ça change quoi, cette annulation ?
D'importants retards sur la construction de logements dans l'agglomération. De 9 à 10 mois, selon les projets. Les communes reviennent en effet au Pos, qui empêche parfois la construction d'ouvrages nécessaires au développement de l'habitat et de l'économie dans l'agglomération.
« En l'absence de Plu, on aurait pu revenir au règlement national d'urbanisme prévu par la loi, mais cela aurait ouvert les vannes à tous les excès, affirme Jean-Claude Antonini. Mais alors, pourquoi peut-on continuer de bâtir sur le plateau des Capucins, mais pas sur le plateau de la Mayenne ? »
Tout simplement parce que le Pos, redevant le texte de référence, le plateau de la Mayenne redevient... un terrain d'aviation !
« Et donc, on ne peut rien y construire ! » affirme Jean-Luc Rotureau, élu chargé de l'urbanisme et l'habitat à l'agglomération.
Alors que vont faire les élus à présent ?
Ils vont devoir réviser les Pos pour lever le coup de frein au développement de l'agglomération. Dès jeudi soir, le conseil d'agglomération a prévu d'adopter 19 révisions simplifiées du Pos, dont une concerne le plateau de la Mayenne (projet de 4 000 logements). Cela permettra de réduire les retards à 3 ou 4 mois.
Quel est le calendrier ?
En juin et juillet, le président de l'agglo, Jean-Claude Antonini, va entamer une démarche de concertation avec les élus, les professionnels du bâtiment, les professionnels de l'immobilier, les conseils consultatifs de quartier. Mais il verra aussi, accompagné du préfet, les associations liées à l'environnement, comme la Sauvegarde de l'Anjou. « On pourra discuter de sujets douloureux sur le fond. »
Et après ?
L'enquête publique aura lieu de la mi-septembre à la mi-octobre. Puis viendra le rapport du commissaire enquêteur à la mi-novembre. C'est en décembre que les révisions simplifiées devraient être adoptées.
Y aura-t-il un nouveau Plu, et quand ?
Oui, et la concertation démarre dès le mois de juin, pour un document qui verra le jour fin 2011.
Cela n'irait pas plus vite de faire des Plu séparés ?
Peut-être, mais le président Antonini souhaite conserver cette notion de « Plu centre », pour que le développement de l'agglomération se fasse « sans idée de frontières ».Par ailleurs, les travaux préparatoires à certains projets d'urbanisme ont été validés : si on revient à un Plu séparé, on perdrait du temps en reprenant tout ce qui a déjà été validé !
Quel est l'état d'esprit du président de l'agglo, aujourd'hui ?
Après avoir critiqué les associations environnementales, il veut désormais agir « dans un esprit de développement, dans le respect et l'apaisement ». En bref, il l'a dit hier : « J'ai repris mon sang-froid. » Et souhaite désormais agir « vite ».
Pourquoi veut-il aller vite ?
Car l'agglomération a un besoin criant de logements, exprimé par le plan local de l'habitat. Dans les dix ans à venir, le territoire d'Angers Loire métropole doit logiquement accueillir 2 560 logements supplémentaires par an.