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Des viticulteurs ne veulent plus payer Interloire2 |
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Une trentaine de viticulteurs ont manifesté hier devant le tribunal de Nantes contre les Cotisations volontaires obligatoires.
Quatre viticulteurs étaient assignés hier au tribunal de Nantes, car ils refusent de payer leurs cotisations à l'interprofession. D'autres exploitants sont venus les soutenir. Explications.
Pourquoi ? Comment ?
Qu'est-ce qu'une Cotisation volontaire obligatoire (CVO) ?
La CVO est demandée aux professionnels d'une filière agricole pour financer des actions d'intérêt collectif. En Loire-Atlantique, les viticulteurs versent leurs cotisations à Interloire, le comité interprofessionnel des vins de Loire. En échange, l'interprofession assure trois missions : la promotion des vins, la recherche sur la vigne et l'observation des marchés. Le montant de la CVO dépend de la production du viticulteur : elle est d'environ 4,50 € par hectolitre produit dans le Vignoble nantais. Soit un peu plus de 3 centimes par bouteille. Chaque année, Interloire dispose d'un budget d'environ 8,5 millions d'euros grâce à ces CVO collectées sur les différentes zones viticoles des Pays de la Loire. 85 % de cette somme est dédiée à la promotion des vins.
Pourquoi est-elle contestée ?
De plus en plus de viticulteurs refusent de payer cette CVO, estimant qu'Interloire ne fait pas son travail. « Quand je paie un service, j'attends des retombées pour mon exploitation. Ce n'est pas le cas », juge un viticulteur présent hier à Nantes. « Il n'y a aucune transparence ; on ne sait pas à quoi sert exactement l'argent », souligne de son côté Marie-Ange Hégron, présidente du collectif Non aux CVO, qui estime également que ces cotisations sont illégales au vu du droit européen. Dans un contexte de crise, les vignerons rechignent de plus en plus à mettre la main à la poche pour une organisation qu'ils estiment inutile.
Quelles conséquences ?
Des viticulteurs qui refusent de payer sont assignés devant le tribunal, la cotisation étant obligatoire. C'était le cas hier à Nantes pour quatre d'entre eux. Leur jugement a été reporté au mois de mai. D'autres vignerons ont déjà été jugés et priés de rembourser les cotisations. « Certains se sont vu saisir leur matériel », affirme Marie-Ange Hégron. « S'ils doivent rembourser, des viticulteurs vont tout simplement arrêter », ajoute-t-elle.
Que répond Interloire ?
« Via leur syndicat d'appellation, les viticulteurs ont décidé d'adhérer à l'interprofession. Il faut en accepter son fonctionnement : solidairement, chacun cotise », rappelle Jean-Martin Dutour, président d'Interloire. « Avec quelques centimes d'euros par bouteille, on ne fait pas de miracles du jour au lendemain. Mais la communication est efficace, la notoriété de nos vins augmente d'année en année », ajoute-t-il.
Sans doute une bonne décision ! Et cet article me donne l'occasion d'exprimer mon point de vue :
Nos vins du pays nantais sont très différents des autres vins représentés dans Interloire (Anjou, Saumurois, Touraine,… ).
N'est-ce pas une mauvaise idée de tout mélanger ? Nos vins ont une spécificité fruits de mer et poisson, ils gagneraient probablement à retrouver le support de la province historique, puisque, hormis le cidre ils n'auraient pas de concurrence locale et pourraient être vendus sous une identité plus porteuse pour eux, en France et aussi à l'étranger, comme vins de Bretagne (comme autrefois).