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Angers Sco : la Ville d'Angers avait connaissance d'éléments troublants... |
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Extrait du compte rendu de la réunion à la mairie, lundi soir.
Réunion de crise, lundi soir, à la mairie d'Angers. Les élus ont souhaité savoir dans quelles conditions les comptes d'Angers Sco avaient été vérifiés avant d'attribuer la subvention habituelle de 600 000 €, plus une avance de 500 000 € en juin 2010. De quels éléments disposaient-ils ? Nous nous sommes procuré le compte rendu de cette réunion. Les élus avaient les bilans ; mais ne disposaient pas des conclusions du commissaire aux comptes.
Prêt accordé par le Sco à Next Generation, la société de Willy Bernard. Ce prêt s'élevait à 290 000 €. Il a été remboursé en 2010. Le compte rendu de la réunion de lundi soir indique : « Les 290 000 € apparaissent dans le compte bilan 2008-2009 reçu par la Ville, le 5 mars 2010. » Au moment où la Ville accorde une avance de 500 000 € au Sco, en juin 2010, elle sait que le Sco a prêté de l'argent à Next Generation.
« Etude projet stade » d'un montant de 200 000 €. En 2009, cette étude a été confiée à la société Loft, ancien actionnaire du Sco maintenant liquidée. Lundi soir, en réunion, il est noté : « Le projet d'étude sur le stade apparaît dans le compte d'exploitation sur une base de 167 000 €. » La municipalité d'Angers avait été informée par le Sco du lancement de cette étude sur laquelle le commissaire aux comptes s'est montré réservé.
440 000 € fournis à Sport event. Cette société appartient à Willy Bernard. Le Sco a passé une convention avec Sport event. Le club a versé 49 000 € par mois à la société jusqu'en juin 2009 ; 29 000 €, ensuite. Ces sommes n'apparaîtraient pas dans les comptes fournis à la Ville. Ils apparaissent en revanche dans le procès-verbal de l'assemblée générale des actionnaires du 28 octobre 2009.
Enfin, en ce qui concerne les comptes courants, les lignes de crédit ouvertes par Willy Bernard pour lui ou Next Generation (en 2009) ou encore le loyer de l'immeuble parisien où siège Next Generation (en 2010) : « Ces opérations n'apparaissent pas ou ne sont pas décelables dans les comptes d'exploitation. »
Que peut-on en conclure ? Au moment où Angers accorde une avance plutôt considérable au Sco, la Ville a pu repérer qu'il y avait des bizarreries dans les comptes. Mais elle ne possède pas le rapport du commissaire aux comptes, qui n'a pas été joint aux bilans. Elle en sait assez pour s'interroger. Au moins pour exiger ce rapport. De même que le conseil général, qui recevait les mêmes bilans. Les élus avaient bien des éléments en main.