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« Je buvais une bouteille de whisky par jour »

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photo catherine et philippe, alcooliques abstinents, savent qu'on n'est jamais guéris. mais ils sont désormais tournés vers l'avenir. 1

Catherine et Philippe, alcooliques abstinents, savent qu'on n'est jamais guéris. Mais ils sont désormais tournés vers l'avenir.

Le 19 novembre, les Alcooliques anonymes d'Angers organisent une journée d'accueil téléphonique, de 8 h à 20 h. Témoignages de deux abstinents, que l'accompagnement des AA a sauvés.

Entre-guillemets

 

Catherine (1)

« J'ai toujours vécu dans un milieu aisé. J'avais un train de vie privilégié. L'alcool faisait déjà partie de ma vie, mais pas de manière problématique. Mais bientôt, ce fut l'engrenage. Un divorce douloureux. L'alcool comme seul remède à la solitude. Les bouteilles que je cache chez moi. Les réveils en tremblant. Mes enfants qui se détournent de moi. Cela a duré deux ans. Les cinq derniers mois ont été horribles. Je n'avais plus envie de vivre. Ç'a été la prise de conscience. Et la rencontre avec les AA, grâce à mon médecin. Comme beaucoup, au début, je buvais toujours même si j'assistais aux réunions. Puis j'ai réussi à franchir le pas de l'abstinence, grâce à la qualité d'écoute qui règne dans les réunions. Entre alcooliques pratiquants et abstinents, on se comprend. Il y a autant de femmes que d'hommes. Des jeunes aussi nous rejoignent. C'est important de savoir qu'une main nous est tendue. Car l'alcoolisme, c'est la maladie de la non-communication. Il existe aussi des groupes pour les proches, car on les fait souffrir. Cela fait trois ans et demi que je ne bois plus. J'espère un jour reprendre contact avec mes enfants. »

Philippe (1)

« Ma dernière cuite, j'ai vomi du sang. Je me suis fait peur. Le lendemain, je décidais d'arrêter de boire. Ça fait quatre ans et demi. Mon histoire est banale. J'ai toujours bu, en soirée. Ce qu'on appelle l'alcool festif. Mais toujours un peu plus que les autres. Et puis, le stress du travail et les problèmes quotidiens m'ont fait boire, de plus en plus. J'ai commencé à prendre l'apéro le midi, 3 fois, 4 fois, 5 fois par semaine, puis tous les jours. Puis du vin à table. C'était une consommation excessive, mais pas encore de la dépendance. Ce n'est pas la quantité qui compte. C'est le comportement face à l'alcool. Avoir sa dose tous les jours devient une obsession. On gère son stock d'alcool comme un fumeur en manque un dimanche soir. A la fin, je buvais une bouteille de whisky par jour. Ça a duré quatre ans. Arrivent les conséquences physiques, malgré les cures et les sevrages. Mais c'est surtout le moral qui trinque. On s'isole. Ma femme m'a quitté et j'ai perdu mon emploi. Et puis, c'est le déclic. Le jour où j'en ai eu marre d'avoir marre. J'ai arrêté du jour au lendemain. Je suis allé aux AA. Là, on ne coupe pas la parole. On s'exprime, puis on écoute. Je continue d'y aller, presque tous les jours. Pour voir les coups venir. Car l'alcool est sournois. Aujourd'hui, je me suis excusé auprès de mes trois enfants. Ils sont fiers de moi. »

Propos recueillis par Anne-Emmanuelle LAMBERT.

 

(1) prénoms d'emprunt

 

Alcooliques anonymes : 02 41 48 49 48. Al Anon (groupes familiaux pour les proches) : 02 41 48 47 00.

 


   Ouest-France  

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trois bouteilles de whisky par jour
dans ma famille,j'ai grandi entouré de parents malades alcooliques,4 de mes frères et mes 2 soeurs ont adhéré.Ma soeur cadette a bu jusqu'à 3 bouteilles de whisky par jour.Je l'ai vu se détruire un jour à la fois,aujourd'hui elle est en phase terminale de la maladie,elle a 48 ans. Mes parents,3 de mes frères et une soeur sont décédés prématurément.Que de douleur,d'angoisse de souffrance;de pleurs et d'incompréhension!!!Cependant,seule face à cette situation,j'ai assisté pendant plusieurs années aux réunions al-anon,ainsi qu'aux réunions ouvertes.Enfin,je n'étais plus seule.
enfin une personne courageuse
un membre désinscrit

bien oui ce monde devient malade

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