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Le festival Premiers plans 2008

Édition du jeudi 24 janvier 2008

Zoe Cassavetes, une « fille sous influence »

Elle était l'invitée spéciale de Jeanne Moreau, et la touche US de ce Premiers plans 2008, le festival ayant parmi ses partenaires le Fonds culturel franco-américain. Pour parachever la communion, Zoe Cassavetes venait présenter aussi son premier long métrage, Broken English, au public angevin.

Premier regard, celui d'une Américaine connaissant la ville (elle partage la vie du musicien angevin Sébastien Chenut, de Scratch Massive), mais qui ne connaissait pas l'ambiance Premiers plans : « J'aime ce festival. Jeanne m'avait prévenue que c'était détendu et très sympa. Ce qui me plaît le plus, c'est que ce n'est pas un festival business, mais un festival pour les amoureux du cinéma. L'énergie des spectateurs, qui ouvrent leurs bras aux films, est formidable. »

Deuxième regard, celui d'une jeune cinéaste qui signe, avec ce premier long métrage, un film de genre (le questionnement d'une femme « middle-age » face à la vacuité de sa vie) à la réalisation léchée, au propos contemporain, aux espaces choisis (entre New York et Paris) et au casting impressionnant (Parker Posey, le « lynchien » Justin Theroux, le séduisant Melvil Poupaud ou encore la divine Gena Rowlands) : « Je pense que mon film se nourrit d'une forme d'émotion propre aux femmes. Ce qui m'intéressait, c'était de décrire un personnage qui lutte pour donner un sens à une vie coincée dans l'étau du travail et de la société. Quant au casting, je n'ai travaillé qu'avec des gens qui pouvaient me comprendre très vite. Le tournage n'a duré que vingt jours. J'aime tous ces acteurs, et c'est pour cela que tout s'est bien déroulé. »

Troisième et dernier regard, celui de la fille d'un des couples les plus importants de l'histoire du cinéma : le réalisateur John Cassavetes et la comédienne Gena Rowlands. « Rien de plus naturel pour moi que d'être dans ce monde du cinéma, même si j'ai fait beaucoup d'autres activités. Certains films de mon père étaient tournés chez nous. J'aime l'idée que mon père travaillait en famille. C'était un homme très sérieux et très profond lorsqu'il créait, et très drôle au quotidien. Il savait retranscrire à l'écran les émotions humaines. »

Il y avait une Américaine et un peu de la mémoire du 7e art, mardi et mercredi, à Angers.

Ouest-France

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