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ZEP à l'Abbaye de l'Epau
Martin Nivault, Jean-Claude Antonini, Jean-Louis Grégoire, Christophe Béchu et Margaret Pery, devant une salle comble. Autour de l'habitat d'abord, quand un Angevin interpelle les candidats sur leur politique d'urbanisme. « Angers possède une densité plus faible que d'autres territoires. On a besoin de construire, car, depuis dix ans, on a moins construit à Angers que lors de la précédente décennie », attaque d'emblée Christophe Béchu. Le premier magistrat s'inscrit en faux : « Si la Ville manque en effet de constructions, n'oublions pas que 5 600 logements ont été réhabilités à neuf. » Et de reprocher au conseil général de ne pas avoir suffisamment aidé la Ville pour les opérations de rénovation urbaine. « Comparé au département des Hauts-de-Seine... » Rien à voir, rétorque Christophe Béchu, « en termes de richesses et d'entreprises ».
« Une salle marquée »
Et puis vient forcément la question du logement social. A une réponse du candidat Béchu sur l'importance de prendre en compte ce point, le candidat communiste Jean-Louis Grégoire effectue un tacle en règle : « Entendre M. Béchu défendre la construction de logements sociaux, ça me laisse coït ! Regardez l'exemple de Neuilly... » Sifflets dans la salle, toute acquise au challenger du maire.
Comment faut-il construire, demande un Angevin ? « En développant les éco-quartiers », répond Margaret Pery. « En ne reproduisant pas les erreurs du passé », commente Christophe Béchu. « Je suis celui qui a fait disparaître à Angers le plus de tours depuis toujours », se vante Jean-Claude Antonini.
Et le plateau des Capucins ? « On prévoit 530 logements, c'est beaucoup. A part la récupération des eaux de pluie, que prévoit-on en matière environnementale ? », questionne quelqu'un dans le public. Surtout pas comme on a construit le quartier du Lac-de-Maine, met en garde le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Martin Nivault. Jean-Claude Antonini se justifie : « Les Capucins, c'est une densité convenable pour une ville-centre. Il y aura des « lanières vertes », le tramway, des toitures végétalisées... » Sifflets dans la salle. Le maire semble déstabilisé : « Je croyais que Terra Nova avait demandé à ce que la salle ne soit pas aussi marquée... »
On revient au fond. Avec le tramway. « Quelle image peut-on donner d'Angers si ce n'est celle d'une ville hésitante, frileuse ? », estime Margaret Pery, qui se dit prête à reprendre, « tel qu'il a été choisi par les élus de l'agglo », le projet de tram. Pour le candidat de droite, Christophe Béchu, « passer par les boulevards permettrait d'élargir le centre-ville ». Quant à Jean-Louis Grégoire, il demande un service municipal des transports urbains...
S'ensuit la question de la gratuité des transports ? Certains candidats de gauche le proposent. « Techniquement, c'est possible, mais il faut augmenter les impôts. Et je ne le ferai pas », répond, du tac au tac, Jean-Claude Antonini. Même raison pour Béchu. En revanche, celui-ci promet d'adapter les tarifs pour les scolaires « en fonction du quotient familial des familles ». Jean-Louis Grégoire estime que « c'est un choix politique » et se dit « favorable à une taxe de transport payée par les entreprises ». Martin Nivault assure que « la gratuité ne coûtera pas plus cher qu'un nouveau stade ou que la reconstruction du stade actuel ». Et toc !
Eau de boudin
Et puis l'heure tourne. Le maire doit quitter la salle pour se rendre à une réunion publique. « Si je m'en vais, je suis défavorisé... », peste-t-il. Au micro, l'animateur Yves Boiteau rappelle qu'il devait pourtant se faire remplacer. Que bien d'autres questions devaient être abordées. Mais, curieusement, l'élu n'appelle pas Gilles Mahé, pourtant présent dans la salle. « En termes d'équité, je ne me vois pas continuer le débat... », rétorque Béchu, suivi par les autres. Le débat tourne en eau de boudin. Dommage.
Arnaud WAJDZIK.