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Alister
Roland Magdane
William Baldé














Son nom ? Le Pari, pour Promotion des Arts de la Rue à l'International. « Et parce que c'est un vrai pari, » admet Eric Aubry, le bouillonnant directeur du Centre national des arts de la rue d'Angers. Premier objectif : répondre aux attentes du public, qui se plaint de mal profiter des spectacles à cause de la foule, en multipliant les propositions. De 25 compagnies, les Accroche-coeurs 2009 passeraient à 50, qui donneraient 220 spectacles, du 4 au 13 septembre. Soit deux week-ends de festivals avec le Pari, pour les professionnels, entre les deux. « En fait, les spectacles seront ouverts à tout le monde et le public ne verra pas la différence, » rassure Eric Aubry. Deuxième objectif : aider les compagnies à se vendre. Enfin, faire rayonner l'image d'Angers au niveau international.
De l'Italie à la Corée
En 2009, cinq pays seraient présents : Italie, Pays-Bas, Belgique, Grande-Bretagne, Canada. Et cinq régions : Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte d'Azur. Chacun proposera une sélection de trois spectacles, soit 30 compagnies qui joueront chacune six fois. Les spectacles devront être conçus pour l'international, soit avec peu de texte. Pour 2010, la Suisse, la Corée, l'Australie et Singapour ont été approchés.
La Ville a déjà donné 100 000 € en mai, pour étudier la faisabilité du projet. Si elle dit banco, et ce ne sera pas avant décembre, elle financera le Pari à hauteur de 30 %. Pour le reste, les étrangers paieront leur transport, leur stand au salon et les régions, les cachets de leurs intermittents. Enfin, 3 500 chefs d'entreprises du bassin d'Angers vont être sollicités. « Les entreprises et les artistes ne vivent pas dans deux mondes différents, » affirme Eric Aubry qui leur présente le projet au Quai, lors de la soirée d'ouverture des Accroche-coeurs 2008.
En échange, pas question de banderoles ou de T-shirts aux couleurs des sponsors. « On leur proposera un spectacle gratuit par an pour leurs salariés, des visites théâtralisées de leurs entreprises, du conseil en événementiel... » L'économie de marché, d'accord, mais une économie de marché non lucrative, c'est-à-dire qui ne soit pas basée sur le seul profit : c'est son credo. « Tous les artistes seront payés, affirme Eric Aubry, pointant la différence entre les Accroche-coeurs et d'autres festivals. À Aurillac, ils ont 15 compagnies dans le « in » et 400 dans le « off », qu'ils ne paient pas. Chez nous, pas question. Il n'y aura jamais de off. »
Claudine QUIBLIER.