Un tramway à AngersLa ville d'Angers ne ressemble pas encore à un gruyère, mais près de deux cents ouvriers s'activent déjà depuis quelques semaines à bâtir le réseau du tramway. Il y en aura 1 500 sur la totalité du chantier. La mise en service de ce moyen de transport en site propre est prévue à l'été 2010.
Indemnisation... préventive
Deux ans durant lesquels il va falloir s'organiser pour trouver une réponse aux automobilistes qui se casseront le nez sur les rues barrées. Heureusement, la mise en place du contournement autoroutier d'Angers a apporté un peu d'oxygène sur les voies sur berges « où l'on circule mieux qu'avant », relève Bernadette Caillard-Humeau, adjointe chargée des transports.
Deux ans, aussi, pour répondre aux critiques des commerçants qui craignent, souvent à juste titre, une perte d'activité. Une commission d'indemnisation a été mise en place : « Pour l'instant, c'est calme, à part une ou deux personnes qui ont fait une demande d'indemnisation... préventive ! », explique-t-on dans cette commission.
Mais ceux qu'il va falloir rassurer, ce sont surtout les habitants. Et là, l'agglo a prévu les gros moyens : un médiateur pour chaque tronçon de la ligne, une maison du tramway qui accueille en moyenne 150 visiteurs par jour, un site Internet avec une carte des travaux interactive, des documents papiers en veux-tu en voilà, et même des infos qui tomberont gratuitement, par SMS, sur les téléphones portables des riverains. Une vraie nouveauté : « La ville de Marseille avait déjà opté pour cet outil qui sera mis en place à la mi-juin. »
L'automne sera chaud
Pour éviter que les livraisons du matin ne paralysent complètement la circulation, l'agglo a aussi prévu la parade. Elle met en place des « tram'sporteurs » qui donneront un coup de pouce aux livreurs, au petit matin. « Ce service fonctionne depuis le 24 avril et a déjà enregistré 214 livraisons. » La ville réfléchit d'ailleurs à une nouvelle réglementation sur les livraisons.
Bref, Angers s'organise, se prépare à vivre deux années difficiles, mais la pagaille n'a pas encore gagné la ville. « Ce sera plus dur à l'automne 2008, où de gros travaux sont attendus », précise Jacques Landreau, responsable de la Mission tramway. « On compte sur le changement de comportement des Angevins pour que tout se passe au mieux », ajoute Bernadette Caillard-Humeau. Un mal pour un bien.
Arnaud WAJDZIK.
Le tramway d'Angers enchiffres. Une ligne de 12 km ; 25 stations depuis la ville d'Avrillé jusqu'au quartier de la Roseraie ; 36 000 voyages par jour ; 17 rames ; 250 millions d'euros de travaux.