Tennis : Mahut : « Prendre des claques peut faire du bien »
En manque total de confiance, Nicolas Mahut est sorti de l'US Open dès le premier tour face à un modeste Américain. Photo : Archive
Grand Chelem. Eliminé dès le premier tour de l'US Open par l'Américain Kendrick, l'Angevin n'arrive pas à rebondir. Et les mouvements d'entraîneurs au Team Lagardère ne l'aident guère.
Nicolas, vous avez concédé une vraie contre-performance face à Robert Kendrick, 113e mondial...
C'est vrai mais sur le match, il n'y a pas grand-chose à dire. C'est l'exemple même d'un joueur en confiance et l'autre qui l'est un peu moins. Il sortait des qualifications. Il a remarquablement servi. Je ressors frustré car il n'y a pas eu de rythme. Ce n'était vraiment pas marrant à jouer. Ça s'est joué sur deux-trois points mais ça a tourné dans le sens du gars le plus opportuniste.
Comment expliquez-vous cette confiance envolée ?
La confiance, ça vient avec l'enchaînement des victoires et je n'en ai pas beaucoup derrière moi. C'est une des explications. On pourrait en trouver d'autres. Déjà, la non qualification pour les JO m'a mis un rude coup, d'autant que cela s'était joué sur le dernier tournoi, à Roland-Garros. Après, j'ai eu du mal à rebondir. A cela, il faut ajouter le changement d'entraîneur qui n'était pas prévu. J'ai un peu cogité. C'est à moi de me reprendre. Il y a deux solutions : soit je baisse les bras, soit je bosse.
A New York, c'est Olivier Soulès qui vous accompagne. Comment en est-on arrivé là ?
Quand le staff du Team Lagardère a décidé, avant Roland-Garros, un fonctionnement à trois avec Guillaume Peyre et Richard Gasquet, je ne pensais pas que c'était viable. Compte tenu de la différence de classement, on n'avait pas les mêmes programmes. Richard reste une priorité du Team, ce qui est normal. Au niveau de la communication interne, on aurait pu mieux gérer la chose. Je me doutais un peu de l'issue. Simplement, je n'ai pas été informé que cela se passerait comme ça.
Concrètement, vous avez été délaissé ?
Difficile de répondre à cette question. Maintenant, si je suis au Team Lagardère, c'est parce que j'y crois. J'ai confiance en les personnes qui les dirigent. Il y a aussi l'entourage, les préparateurs physiques. Pour un mec comme moi qui suis 84e mondial, c'est un vrai plus de pouvoir bénéficier de ces structures. La meilleure façon de réagir, c'est de regarder ce que j'ai et pas ce qui s'est passé. C'est comme ça, c'est la règle. Attention, je n'ai aucun problème avec Richard, il a été très correct. Et puis, je suis ravi de retrouver Olivier Soulès, avec qui j'ai obtenu les meilleurs résultats de ma carrière. C'est inattendu car il devait travailler à Paris avec Jonathan Eysseric mais il y a eu un problème. Donc, je ne préfère pas trop parler du passé et me concentrer sur l'avenir proche.
Vous gardez l'espoir ?
Oui, prendre des claques, ça peut faire du bien. Et puis je garde en mémoire une phrase d'Arnaud Clément : « Le tennis, c'est comme le back-gammon. Quand on fait bien les choses, ça sourit. » Et il a fait quart de finale à Wimbledon. Donc, j'attends le double six...
E. S.
Ouest-France