Très très remonté, le maire d'Angers. Il a réagi hier à l'article, paru dans nos colonnes, sur la prise de position du président d'Angers Sco. Willy Bernard émet le voeu d'un nouveau stade en périphérie, pas en centre-ville comme le prévoit le projet de reconstruction du Stade Jean-Bouin porté par le maire actuel.
En lisant cette interview, Jean-Claude Antonini tombe des nues : « Willy Bernard a crû bon intervenir dans la politique municipale. Il a rencontré les services de la mairie à ce sujet mais ne m'a jamais appelé ni rencontré pour me faire part de son souhait. Je le mets en garde sur le rapport dangereux entre football et politique qui ne rappelle pas de très bons souvenirs à Angers. »
Continuer à animer le centre-ville
Le maire ne croit pas en la viabilité d'un tel projet. « Ces dernières années, le club n'a pas prouvé sa capacité à jouer à très haut niveau. Comparé à la fréquentation actuelle, un stade de 20 000 places suffit largement ».
Il affirme que « les collectivités ne sont pas les vaches à lait des clubs de foot ». Et se dit, à ce sujet, « responsable » devant les électeurs et les citoyens des budgets. Or, poursuit le maire, « cette proposition fantasque multiplierait par deux le coût du stade : on passerait de 25 à 60 millions d'euros ! Je veux bien si le Sco paie le surplus ! »
Le maire rappelle qu'il a « personnellement » agi pour faire passer le club en Ligue 2 (N.D.L.R. : une subvention de 100 000 € a été votée récemment par le conseil municipal).
Pour ce qui est du rapport public-privé prôné par le patron du Sco, il s'étonne : « Cela ne fonctionne que dans des clubs de très haut niveau, pas partout ». Et de défendre son projet de reconstruction du stade Jean-Bouin : « Cette solution est réaliste : elle respecte l'histoire d'Angers, celle de Kopa qui jouait à Jean-Bouin. Il faut continuer à créer de l'animation dans le centre-ville, c'est d'ailleurs le choix de Grenoble qui va installer son stade au coeur de la ville. »
A. W.