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« J'ai quand même un coeur. Au début, je voulais qu'il arrête de boire et de faire la manche », raconte le prévenu. Pourquoi cette violence ? « Il était presque 24 heures/24 à la maison... On ne savait pas comment sortir de cette situation. » Au printemps, la victime a même été sévèrement ébouillantée, et a dû être hospitalisée plus d'une semaine. Le prévenu en a profité pour utiliser la carte bancaire de son voisin. Auparavant, ce voisin, décrit comme un « un faible », lui versait déjà 400 € par semaine et lui faisait un virement de 200 € par mois. Lorsqu'il a finalement porté plainte, le prévenu l'a menacé une fois de plus.
« Au quotidien, il a traité son grand ami comme un esclave », lance Me Jean Brouin, l'avocat de la victime qui n'était pas présente à l'audience. La procureure de la République, Annabelle Aubry, évoque « une relation de dépendance », « une victime qui se sent coupable » et le besoin du prévenu « d'affirmer un pouvoir sur quelqu'un ». Elle requiert trois ans de prison, dont un avec sursis.
« Cette amitié, c'est un peu comme une histoire de couple où la femme est battue, mais revient toujours », souligne Me Noura Amara-Lebret, en défense. Elle évoque les problèmes d'alcoolisme dont son client s'est un peu sorti, et l'accident de la route qui le handicape toujours aujourd'hui. « Il a découvert quelqu'un de plus faible que lui dans la société », ajoute l'avocate.
Le tribunal l'a finalement condamné à trois de prison, dont un an avec sursis et mise à l'épreuve pendant 18 mois. Il doit se soigner et ne doit pas entrer en relation avec sa victime.
M.T.