« Je me suis retrouvé dans des buts de foot par hasard, alors que j'étais à l'École normale, se souvient Lucien Radigois, qui raconte les circonstances qui l'ont amené à disputer ¯ et à remporter ¯ la finale du championnat de France amateur en 1943. Il est apparu que j'étais doué. Nommé comme instituteur à La Possonnière, je jouais à Ancenis. Mais comme il n'y avait plus de train le dimanche, avec les restrictions de l'occupation, j'ai arrêté. »
« Des amateurs, jouant pour la gloire et le plaisir »
« Le Sco est venu me chercher, en me promettant de m'emmener en voiture pour aller au match. Deux fois, j'y suis allé en vélo et, la troisième, je n'y suis pas allé. La promesse a été tenue par la suite. »
« Nous étions tous amateurs, jouant pour la gloire et pour le plaisir. Avec mon travail d'instit, je ne pouvais pas me libérer facilement, et je travaillais le samedi toute la journée. Avec mes collègues Penvern et Perrin, nous rejoignions l'équipe à La Roche-sur-Yon, pour la demi-finale contre Bordeaux, quand notre train a essuyé un mitraillage entre Saint-Georges-sur-Loire et Saint-Germain-des-Prés. Heureusement, ils n'avaient tiré que sur la locomotive, laquelle a quand eu même du mal à redémarrer. »
« Enfin, cette très courte nuit n'a pas empêché notre qualification en finale. C'était impressionnant de jouer devant 10 000 spectateurs. J'ai eu pas mal de travail, mais je m'en suis bien tiré. La victoire fut dignement fêtée, et heureusement que mon inspectrice n'est pas passée par La Possonnière... car je ne suis rentré que le lundi midi ! »
Après trois saisons au Sco qui reste son club de coeur, Lucien Radigois a joué à Chalonnes, puis à Champtocé mais, malgré les sollicitations, il n'est jamais devenu entraîneur.
Pratique. Un hommage est rendu aux joueurs de cette équipe dans le livre racontant l'histoire du Sco. L'ouvrage est en souscription à l'association Écrits et mémoires, au 02 41 47 66 78.