Après avoir longtemps flirté avec le podium et caressé l'espoir d'être un prétendant sérieux à la montée, les Angevins sont un peu rentrés dans le rang. Une mauvaise passe en février-mars et tous ces beaux rêves se sont écroulés. Le promu, qui a aussi réussi un parcours probant en Coupe de France, a dû réviser ses ambitions à la baisse et se colorier d'autres desseins. À savoir terminer dans les 10 premiers, finir meilleur promu (Clermont est quatre points devant) et gagner le podium des trois meilleures défenses (actuellement cinquième). Avec en sus, un autre petit challenge, s'offrir le scalp d'un des cadors du championnat.
Sur ce dernier plan, il n'y a plus guère d'alternative. Ce sera ce soir ou jamais. Les Angevins restent, en effet, sur deux défaites devant les Havrais, un nul et un revers face aux Troyens et aux Grenoblois et, enfin, un partage à La Beaujoire en novembre (1-1). Pour le Sco, c'est donc l'ultime occasion, à quatre étapes du final, de taper un costaud.
Car Nantes arrive bien dans ce costume-là à Jean-Bouin. Mais n'est-ce pas une projection un peu présomptueuse de la part du Sco, qui est tout de même rentré de Gueugnon, le dernier de la classe, la tête basse ? A froid, après une soirée de contrariété en Bourgogne, mardi dernier, Jean-Louis Garcia a réanalysé les contours de ce revers. « Je crois qu'il s'agissait tout simplement d'un accident. Un jour sans. Il y avait chez nous une certaine mollesse, un manque de fraîcheur. D'ailleurs, toutes les équipes marquent un peu le pas, actuellement. »
De la fougue mais aussi de la patience
Les Angevins, il est vrai, n'ont jamais connu de la saison une entrée en matière aussi déficiente. Et ils ont plutôt l'habitude de bien entamer leurs matches à domicile. Ce sera toujours un écueil d'évité. Pour le reste, il leur faudra effectivement hausser leur niveau de jeu face à un FCN qui a retrouvé des couleurs sur ce plan. Un peu comme devant Nice en Coupe de France où ils prirent les Azuréens à leur propre jeu en misant sur leur hermétisme défensif, couplé à un replacement vigilant, et sur des contres précis rondement menés.
« Nous sommes un peu comme avant le match contre Nice. Nantes est un adversaire que nous respectons, à l'organisation aboutie et qui est fort dans l'utilisation des ballons », estime l'entraîneur angevin, heureux de voir son club de coeur remonter en L1. « Le FCN est solide défensivement, possède des individualités et est efficace sur les coups de pied arrêtés. C'est, de plus, une formation très réaliste à l'extérieur. »
Ce derby, tout le monde le veut
Ses joueurs devront donc rendre une copie propre pour rivaliser. « Après nos rencontres face au Havre, à Grenoble ou à Troyes, où nous avons poussé, joué, joué et joué, il faut en tirer les leçons. Et évoluer intelligemment. C'est-à-dire, ne pas nous jeter. Savoir attendre. Etre patient et capable de temporiser. Ne pas s'exposer. Ce sont des données importantes », lance Jean-Louis Garcia, qui souhaite un démarrage de rencontre dynamique, positif pour trouver vite l'adhésion des quelques 14 000 personnes attendues.
« Eux ont la maîtrise. Mais la volonté et le coeur ne suffiront pas chez nous. Il faudra de l'anticipation, une récupération haute notamment. On me parle de plaisir ! Mais le plaisir, c'est aussi le sens tactique, la rigueur, l'investissement. Comme devant Nice, où nous avions parfaitement déroulé ce qui était prévu », relève encore le technicien angevin, qui retrouvera un Frédéric Da Rocha qu'il connaît très bien.
Da Rocha justement. « Ce derby, moi, je veux le gagner. Pour monter le plus vite possible. » Voilà qui est clair. Et ses coéquipiers sont sur la même longueur d'onde. « Si on peut l'emporter ce lundi, on ne va pas se gêner », lâche Guillaume Moullec. « Nous allons essayer de leur rendre la monnaie et de prendre à notre tour, au minimum, un point chez eux », ajoute David De Freitas.
Un stade plein, un contexte particulier avec deux équipes sans trop de pression et qui ont déjà réussi leur saison, l'occasion de recevoir Nantes à Angers, ce qui est rare, tout est réuni pour que la soirée soit belle. Entre un cador et un retors.
Jean-François CHARRIER.