Philippe, un match nul comme celui de Grenoble laisse-t-il un sentiment d'inachevé ou le contraire ?
On est toujours un peu déçu car on est ambitieux. Mais chacun a eu des opportunités. Nous aurions pu forcer la décision, c'est vrai. Avec un peu plus de lucidité. Mais c'est tout de même un bon résultat. Compte tenu aussi des conditions, du vent, du terrain. Car on a souffert même si nous avons été plus présents dans les intentions de jeu en seconde mi-temps.
Pour un joueur offensif, comme vous, fin technicien, n'est-il pas difficile d'évoluer justement dans une formation qui défend fort et avant tout ?
C'est vrai que ce genre de match, pour Fabrice (Do Marcolino) comme pour moi, ce n'est pas facile. C'est frustrant parfois. On va au charbon, on prend des coups et on ne voit pas le ballon. Mais il y a des matches comme ça, où il faut faire le dos rond, travailler pour l'équipe. C'est nécessaire. Car on ne peut pas toujours être maître du jeu et du ballon.
Quel est, à votre avis, le secteur où l'équipe angevine a le plus progressé depuis le début de la saison ?
Indéniablement l'animation défensive, avec l'arrivée de Blaise (Kouassi) et le bon retour aussi de Délis (Ahou). Nous sommes sereins, costauds derrière. Nous ne sommes que rarement mis en danger sur des phases de jeu. Nous ne craignons rien ou presque. Nous pouvons donc voyager. Nous nous appuyons sur cette base en essayant de pousser ensuite les actions plus loin.
Par conséquent, il y aurait donc une amélioration à trouver dans le jeu offensif, non ?
C'est toujours le cas. Il nous reste bien sûr à marquer plus, à être plus lucides devant le but. Mais nous bossons beaucoup et après, c'est plus dur pour aller devant. Il y a peut-être un manque de fraîcheur parfois. Cela dit, on ne peut pas se permettre de défendre à 7 seulement avec 4 joueurs qui ne le font pas. Donc, on fait l'effort. Après, les remplaçants peuvent rentrer pour apporter du sang neuf. C'est cela aussi la complémentarité.
Ce qui fait la force du Sco, c'est cette solidarité ?
Tout à fait. Dans l'équipe, s'il y a des cadres, des éléments importants, il n'y a pas de stars. Chacun aide ou essaie de soulager l'autre, chacun est concerné. Le groupe grandit ensemble et vite. Nous sommes, de plus, très réguliers.
L'équipe est dans le haut du tableau depuis un bon moment. Comment envisagez-vous son futur ?
Il faut rester très concentrés. Être en permanence sur le qui-vive. Car de la troisième place à la dixième, il n'y a que peu d'écart. Et tout peut basculer rapidement. Cela dit, il faut aussi être ambitieux. Nous sommes bien placés et on ne sait pas ce qui peut arriver. Il faut se battre encore pour rester en haut. Nous avons encore trois matches déterminants à venir avec Troyes, Ajaccio et Boulogne. Après, on y verra plus clair.
Troyes justement, c'est vendredi et la pierre angulaire de la défense, Cédric Lécluse, est suspendu...
Oui, c'est un gros handicap vu les matches qu'il fait. Mais pourtant, il faudrait bien battre Troyes. Mais je suis certain que le coach va nous mijoter quelque chose pour compenser l'absence de Cédric... J'en suis même sûr...
Recueilli par
Jean-François CHARRIER.