Un tramway à Angers« Il y a eu un renversement radical d'image dans les quinze dernières années », restitue l'enseignant. L'ère de l'automobile avait chassé les tramways, vestiges d'un autre temps.
Mais, victimes de la pollution, les villes s'empressent maintenant de faire marche arrière et de trouver des solutions pour se déplacer de façon plus écologique. « Se contenter de créer des secteurs piétonniers ne suffit pas, on s'est rendu compte qu'il y avait besoin de trouver des moyens de transports non polluants ».
Le tramway moderne devient donc la solution. Sur le plan environnemental, comme en terme de « débit ». Comprenez en nombre de passagers transportés. Alors que les grandes villes ont misé sur le métro- « un investissement accessible à des agglomérations de plus de 500 000 habitants »-, les agglomérations plus modestes se mettent au tram.
Et il faut reconnaître qu'à l'heure du développement durable, il est aussi de bon ton de passer au tram auquel « on associe une image écologique », note Jean Soumagne, qui rappelle que « la perception d'une ville se fait aussi par rapport aux aménagements qu'elle réalise ».
Opter pour le tram, « c'est être dans son siècle, dit-il. C'est une politique urbaine qui est vécue comme celle d'une ville dynamique ».
Des rues « marginalisées »
La création d'un tramway dans une ville n'est pas anodine. Se doter d'un tel moyen de transport engendre un bouleversement de l'urbanisme, et en redessine les sens de circulation. « Le tram, c'est aussi l'ère du piéton et du cycliste ». Son arrivée peut aller jusqu'à modifier la perception que les habitants ont de leur ville.
« Le tramway redonne des priorités à certains axes, certains pôles ». Comme un coup de projecteur donné ici et là. Une aubaine pour ceux qui profitent de la lumière. A l'inverse, d'autres rues, éloignées du tracé, peuvent se trouver « marginalisées ». En résumé, « il y a des rues qui en sont, et d'autres rues qui n'en sont pas ».
L'idéal ? Plusieurs lignes...
De la même façon, le tram peut aussi influencer les habitudes comportementales quotidiennes. Certes, dans la façon de se déplacer-c'est le but-mais aussi dans les destinations. « Pensons à une personne qui va régulièrement faire ses courses à tel ou tel endroit depuis longtemps. Il se pourrait qu'elle soit tentée d'aller ailleurs si le tram le lui permet désormais de le faire en peu de temps ». Une observation valable pour toutes les sorties liées aux consommations de loisirs.
Enfin, pour Jean Soumagne, « l'idéal serait d'avoir plusieurs lignes, afin d'en faire profiter tout le monde », et favoriser les échanges entre les différents quartiers. Car il ne faut « pas oublier, qu'en France du moins, le tram sert avant tout à desservir le centre-ville ». Alors « ne tombons pas non plus dans l'éblouissement complet ».