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En attendant les nuits vertes
Tous les jours, deux habitantes du quartier, comme Françoise, Évelyne ou Odette, apportent à manger et à boire aux matous du chat village. Le week-end, c'est Évelyne, « bénévole et minouphile », qui va chercher la ration quotidienne de croquettes à la régie de quartier. Elle les appelle : « Mimi, Mimi... » « Et ils la suivent ! s'exclame Françoise, une autre fidèle du chat village. C'est vraiment drôle à voir. »
Parmi les onze femmes qui, chaque jour, nettoient l'enclos et alimentent la gente féline, Évelyne est celle qui a le plus de succès. Mais elles y vont toujours par deux, pour le plaisir, aussi, de se rencontrer. Qui d'elles ou des chats bénéficient le plus de l'opération ?
« Nous sommes absolument ravies, témoigne Odette. Il n'y a plus de chats dans les caves. Et surtout, comme ils n'ont plus besoin de traverser la rue pour venir se nourrir, ils ne se font plus écraser par les voitures. »
Des chaussettes aux papattes
L'idée de la Ville était d'habituer les animaux à venir dans l'enclos, pour pouvoir les capturer et les stériliser, avant de les relâcher. Zorro et Catcheur y auront droit fin mai ! Les chats seront également tatoués. Et là encore, la Ville paiera.
Par contre, pour les bêtes malades ou blessées, le dispositif mis en place avec les vétérinaires de l'Anjou tarde à fonctionner. C'est la Société protectrice des animaux qui doit régler les factures, à un tarif préférentiel.
« Mais en pratique, nous y allons souvent de notre poche », souligne Évelyne qui, déjà avant le chat village, cachait des niches dans les buissons du parc et donnait la pilule aux femelles.
« Elle avait acheté deux paires de chaussettes de bébés, pour un chat qui avait les pattes brûlées », se souvient Omar Jaziri, agent d'accueil à la régie de quartier.
« On se cotise pour payer les médicaments, poursuit Françoise. Certaines prennent même des croquettes dans leur placard pour rallonger la sauce. »
Car, il faut bien le dire, la Ville est un peu « rat » : 250 grammes de ration quotidienne pour douze chats identifiés, plus les clandestins, ça ne fait pas lourd !
« En ce qui me concerne, pas question d'acheter des croquettes », rugit Chantal, qui veut bien être bénévole, mais pas pigeon. Heureusement, la Ville va bientôt augmenter un peu la ration.
Les bénévoles de Belle-Beille lui ont aussi demandé un panneau, sur l'enclos, pour expliquer au public ce qu'est le chat village. En attendant, elles invitent toutes les personnes intéressées à visiter leur stand d'information, à la fête des animaux de la SPA, les samedi 17 et dimanche 18 mai.
Claudine QUIBLIER.
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