Édition du vendredi 25 janvier 2008
Le public de demain joue aux cinéphiles
De 6 à 20 ans, les jeunes se paient une toile au festival. Toujours nombreux aux séances, ils découvrent un autre cinéma.
Et t'as compris comment on fabrique un dessin animé ? « Bah oui !, répond un élève de CE1. Il faut 24 images par seconde ! » Et de se replonger sur ses petits dessins qu'il anime en faisant tourner les feuilles. Drôlement intéressé. Il participe à l'un des ateliers proposé par le festival pour les enfants et les jeunes, après avoir découvert des courts métrages d'animation.Plus loin dans le centre de congrès, un groupe de jeunes filles regarde le programme. « On découvre des films qu'on n'a pas l'occasion de voir ailleurs, note Noémie, 14 ans. Parfois, ça surprend, ajoute cette collégienne des Ponts-de-Cé. Mais plutôt en bien. »Invités par leurs enseignants, ils sont nombreux à courir de salle en salle. Petit à petit, ils s'approprient un cinéma qui n'est pas le leur a priori. Environ 6 000 entrées sont réservées par les scolaires du département. « L'éducation à l'image est une des priorités du festival, rappelle Véronique Charrat, responsable des publics à Premiers plans. On veut former les publics de demain. » Les enseignants et leur classe ont ainsi un accès favorisé. « Mais on vérifie que les scolaires ne représentent pas plus de 30 à 40 % d'une jauge. » N'en déplaise aux grincheux, qui incriminent les élèves quand ils n'ont pas pu rentrer dans une salle.Des lycéens, en option cinéma, viennent de tout le Nord-Ouest pour profiter des rencontres et des films. « C'est aller vers l'inconnu, notamment lorsqu'on découvre les premiers films », apprécie Lise Robillard, du lycée Marie-Curie, de Vire (Calvados).Et puis il y a les rétrospectives Jeanne Moreau et Alain Resnais, une occasion unique de découvrir tous ses longs métrages sur grand écran. « Je note tout ce que je n'ai pas pu voir et que je pourrai regarder chez moi », explique Myriam Grupallo, qui fait la queue pour aller voir La Notte, d'Antonioni. Cette étudiante en BTS audiovisuel à Montaigu (Vendée) est enthousiaste. « On rencontre plein de monde. Il y a vraiment une proximité entre les gens qui viennent. On discute ensemble. »Et de nombreuses actions sont développées à l'égard des jeunes de tous milieux. Le festival se déplace même à l'hôpital. Avec ses marionnettes, le réalisateur Grégoire Sivan y a rencontré les enfants du service de pédiatrie.
Ouest-France