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Édition du mardi 22 avril 2008

La rue d'Alsace prépare l'arrivée du tramway

Finie, la voiture ! Les fouilles archéologiques ont commencé hier. Les commerçants craignent

que le bruit, les gros engins et la poussière ne fassent fuir les clients.

Inquiets et résignés, les commerçants de la rue d'Alsace voient d'un oeil morose le début des travaux du tramway. À commencer par les fouilles archéologiques. Hier midi, la rue a été définitivement fermée aux véhicules. Le tramway sera le prochain à y rouler, une fois les travaux terminés, en 2010.

Les commerçants naviguent à vue, pour le moment, mais pronostiquent une baisse de leur activité. « C'est parti pour deux ans et demi de galère. On attend une baisse de 40 à 50 % du chiffre d'affaires », soupire, dépitée, Sylvie Decran, responsable du magasin de vêtement Pimkie.

De l'autre côté du trottoir, chez Bouygues, Pascal Dubreuil, vendeur, essaye de prendre la situation avec bonhomie. « Nous avions songé à réduire les effectifs. Heureusement qu'une des employées a pris un congé maternité d'un an ! ».

Mais derrière les sourires, se lit une véritable inquiétude. Aménagement d'horaires et licenciements trottent dans beaucoup de têtes.

Déjà un menu ouvrier

Ici, on ne se risquera pas à reprendre des contrats de qualification en bac pro, là, les vendeurs seront missionnés vers d'autres magasins, pour « éviter d'avoir plus d'employés que de clients ».

Les plus anxieux sont les propriétaires d'enseignes indépendantes. Les clients des chaînes retrouveront leurs magasins dans les centres commerciaux. Pour les autres, attente et astuce priment.

À la boulangerie le Pingolo, Bruno Surot a pris les devants, à reculons. Croissants, pains au chocolat et sandwichs seront soumis à la poussière.

Conséquence, « il va falloir tout fermer avec une bâche en plastique. C'est un investissement supplémentaire, alors qu'on attend une baisse des ventes de 20 à 30 % », s'exaspère le boulanger.

Face à la morosité ambiante, Jacques Landreau, responsable de la mission tramway, tente de minimiser : « Je comprends leurs inquiétudes. C'est une période difficile, mais nous multiplions les initiatives pour soutenir les activités du centre-ville. »

Au programme : un médiateur recruté spécialement pour répondre aux inquiétudes des commerçants ; des reports de charge et moratoires pour les éventuels soucis financiers ; un partenariat avec l'association des Vitrines d'Angers, pour mener des animations commerciales rue d'Alsace.

À la crêperie « La Mouette », le chef n'a pas attendu que les ouvriers creusent les premiers trous dans le macadam : « Il faut être malin. Je ne suis pas inquiet, car nous avons trouvé une solution. Maintenant, notre carte a un menu ouvrier ! ».

Ouest-France

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