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À hauteur de Maître-École, la bigrue vient de soulever l'aiguillage, pour le transporter une centaine de mètres plus loin. Elle le remettra en place, après le renouvellement du ballast. Depuis samedi après-midi, 130 ouvriers et techniciens de Colas Rail et de la SNCF s'activent autour de la gare d'Angers. Tout est calculé, minuté, chronométré.
« Le programme a été élaboré voici plusieurs mois, explique Jean-Louis Lemesle, chef de projet. Nous le respectons à la lettre. Nous n'avons aucun incident à signaler. »
Le chantier s'inscrit dans le vaste programme de rénovation du réseau ferré. Angers était devenue « la » priorité, avec un investissement de 4 millions d'euros.
« C'est un point structurant du réseau des Pays de la Loire, confirme Stéphane Bis, responsable de la gestion. Ici convergent la ligne du Mans et la ligne qui vient de Tours. Vous avez une moyenne de 150 trains par jour. Avec Le Mans, il s'agit du plus gros trafic de la région. »
Qui dit gros trafic, dit aussi usure importante. D'où le renouvellement complet de 9 aiguillages, et le remplacement de la totalité du ballast sous une dizaine d'autres, avec changement de traverses. « Sur l'ensemble du chantier, qui a démarré en mars, cela représente 1 200 tonnes de ballast, 220 tonnes de métal et 1 300 traverses nouvelles », détaille Jean-Louis Lemesle.
Les voies « rendues » au trafic ce matin
Hier soir, le chantier se trouvait toujours dans les temps. « Le plus délicat reste le raccordement des voies, explique Philippe Melin, directeur de travaux. Nous arrivons à une précision de l'ordre du centimètre. Après, nous faisons des nivellements complémentaires. Il faut laisser aux cailloux du ballast le temps de se mettre en place. »
Les gros travaux devaient s'achever ce matin, à 6 h. Pour que les techniciens puissent encore vérifier les commandes des aiguillages, tester les caténaires, et remettre en route la signalisation. « Il faut assurer toutes les procédures de sécurité courantes. »
La voie devait être rendue à la circulation à 8 h précises. Pour le premier TGV en provenance de Nantes. « Nous estimons, en ce lundi de Pentecôte, que 60 000 voyageurs vont passer ici. Sans compter les trains de marchandises. » Bref, pas droit à l'erreur.
Jean-Michel HANSEN.